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PopeFrancis.com: le pape François est déjà cybersquatté

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 14.03.2013 à 16 h 05

Le pape Benoît XVI s'apprête à envoyer un tweet depuis un iPad, le 12 décembre 2012 au Vatican. REUTERS/Osservatore Romano.

Le pape Benoît XVI s'apprête à envoyer un tweet depuis un iPad, le 12 décembre 2012 au Vatican. REUTERS/Osservatore Romano.

Comme nous l'annoncions le 28 février, le nouveau pape, Jorge Mario Bergoglio, est cybersquatté par des petits malins qui ont acheté les domaines à son nom. Mais, du fait du nom inédit choisi par le nouveau pontife, François (Francis en anglais), ceux qui s'y étaient pris à l'avance sont passés à côté du gros lot et la journée de mercredi a été marquée par une ruée sur les noms de domaine.

Le site Domaine Name Wire note ainsi que le site PopeFrancisI.com a été enregistré mercredi par un habitant du Tennessee, de même que les suffixes en .net, .org et .info. Le site d'enregistrement de noms de domaines GoDaddy a lui expliqué à CNET avoir relevé plus de 100 réservations de noms de domaine liés au pape dans les dix premières minutes suivant l'annonce, et près de 500 dans la première heure.

Les Français ne sont pas en reste: si l'on s'amuse à taper dans sa barre d'adresse PapeFrancois.fr, on arrive sur... un Tumblr baptisé VaCourir et consacré au running. Là aussi, le nom de domaine a été acheté mercredi.

Le site spécialisé The Domains note ironiquement que l'Icann, l'organisme international responsable de l'attribution des noms de domaine, «semble avoir pris un peu d'avance puisqu'il a déjà choisi Buenos Aires, Argentine, comme destination pour son sommet de l'automne prochain».

«Mise à jour: François?»

De nombreux noms de domaines ont donc été achetés immédiatement après l'annonce de l'identité du nouveau pape, alors que les plus probables —Paul VII, Pie XIII, Léon XIV, Clément XV, Innocent XIVJean-Paul III, Benoît XVII, Jean XXIV...— étaient réservés depuis longtemps. L'un de ceux qui en possédaient un grand nombre, l'Américain Rogers Cadenhead, que nous avions interrogé fin février, a publié sur son blog un post récapitulant le coût de l'opération et se terminant par un éberlué «Mise à jour: François?».

Chose surprenante, le nom en apparence le plus «bankable», PopeFrancis.com (le Vatican a annoncé que le pape s'appellerait pape François, et pas pape François Ier), n'a pas été acheté mercredi: il était enregistré depuis trois ans par un avocat de l'Illinois, Christopher Connors. Interrogé par The Smoking Gun, ce dernier n'a pas souhaité commenter son achat, mais le site note qu'à première vue, il n'a pas l'air d'être impliqué dans le business des noms de domaine.

Reste à savoir si l'intérêt financier (via une monétisation du trafic sur la page même ou un renvoi vers une autre page) sera réel pour ceux qui ont réservé ces noms de domaine. Fin février, Rogers Cadenhead, qui avait mis la main en 2005 sur le domaine BenedictXVI.com, expliquait à Slate que le trafic sur cette page était vite devenu «infime» et que le Vatican ne s'était jamais fatigué à lui réclamer la restitution du nom de domaine.

Compte Twitter suspendu

Il existait également un compte twitter au nom de baptême du nouvel élu, @JMBergoglio, qui dépassait les 140.000 followers mercredi soir mais a depuis été suspendu: de nombreux médias, comme Slate.com, avaient vite noté qu'il s'agissait d'un compte fake, poussant Twitter à officiellement réagir. Il existe aussi un compte @PopeFrancis, inactif depuis l'été 2011 et qui ne semble pas relever du cybersquatting. Le pape François va lui récupérer le compte officiel du Vatican, @pontifex, qui compte plus de 1,8 million de followers.

A noter que la e-soirée du nouveau pape a été également animée sur Wikipédia. Sur la version française de l'encyclopédie, sa page ainsi que ses différentes redirections (pape François Ier,  pape François, Jorge Mario Bergoglio) a atteint environ 300.000 visites et fait l'objet de 460 éditions en une douzaine d'heures. Au prix, parfois, de bizarreries dont témoigne la capture d'écran suivante.

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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