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Russie: le procès posthume de Magnitski reporté

Grégoire Fleurot, mis à jour le 11.03.2013 à 16 h 56

La justice russe a reporté lundi 11 mars le procès post-mortem pour fraude fiscale du juriste Sergueï Magnitski, mort en prison en 2009 après avoir reçu des mauvais traitements. Le tribunal Tverskoï de Moscou a prononcé le report de l'audience au 22 mars.

Magnitski avait témoigné contre des fonctionnaires russes sur une énorme escroquerie fiscale dont avait été victime son client, le fonds d’investissement Hermitage Capital Management, avant d’être lui-même accusé de fraude et emprisonné. A sa mort, il est devenu un symbole de la corruption de l’administration et de la justice russe et des conditions de détention particulièrement difficiles du pays.

Depuis le décès de son collaborateur, William Browder, patron d’Hermitage Capital, a mené une campagne de lobbying internationale à pour que des sanctions soient prises contre les personnes impliquées dans la mort de Magnitski, et qui ne sont pas inquiétées par la justice russe. Il a notamment obtenu le vote aux Etats-Unis d’une loi interdisant de séjour et gelant les actifs dans le pays d’une soixantaine de personnes impliquées dans l’escroquerie ou dans le décès de Magnitski, déclenchant de vives tensions diplomatiques avec la Russie.

»  Affaire Magnitski: William Browder, le pire ennemi du Kremlin

Le procès de Magnitski est considéré comme le premier procès posthume de l’histoire de la Russie. La famille du juriste et Hermitage ayant boycotté le procès, ce sont des avocats commis d’office qui ont demandé le report du procès pour étudier le dossier. Natalya Zharikova, la veuve de Magnitski, a réitéré dans un communiqué publié par Hermitage Capital lundi ses appels au boycott:

«Je crois que si les participants ont une conscience –et c’est central non seulement dans la moralité humaine mais aussi dans la loi criminelle russe– il est de leur devoir de refuser de participer à ce blasphème.»

Les deux avocats commis d’office affirment qu’en tant que membre du barreau de Moscou, ils n’ont d’autre choix que de défendre Magnitski. Ils perdraient le droit d’exercer dans le cas contraire.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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