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Corée du Nord: essai nucléaire confirmé, condamnation unanime

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 12.02.2013 à 11 h 03

Une mystérieuse «Nuclear Test Rd» sur Google map proche du site d'essais nord coréen...

Une mystérieuse «Nuclear Test Rd» sur Google map proche du site d'essais nord coréen...

Le troisième essai nucléaire nord-coréen a été confirmé ce 12 février 2013 par l’agence de presse officielle du régime KCNA (Korean Central News Agency), selon laquelle le test a utilisé un engin miniaturisé et a provoqué une explosion plus puissante que lors des deux précédents essais, selon AP.

Ce test effectué dans le nord-est du pays ne prend pas le monde de court, puisque la Corée du Nord l’avait annoncé en janvier en réponse aux sanctions renforcées de l’ONU qui avaient suivi un tir de fusée longue portée en décembre dernier. Pour la Corée du Nord, ce test est la réponse à «l’hostilité scandaleuse» des Etats-Unis à son égard.

L’essai nucléaire a été détecté par plusieurs pays disposant de systèmes d’alerte sismique, dans la même zone que les précédents tests nord-coréen de 2006 et 2009. Une activité sismique de magnitude de 4,9 à 5,2 a ainsi été enregistrée par la Corée du Sud, le Japon et les Etats-Unis.

L’USGS, l’agence de géophysique américaine, a déclaré que cette activité était située à un kilomètre sous terre, ce qui serait cohérent avec une explosion nucléaire.

Réunion d’urgence à l’ONU

Une réunion d’urgence du conseil de sécurité de l’ONU est prévue mardi à 15 h heure de Paris (9 heures à New York). Ban Ki-moon, son secrétaire général, a condamné cet essai nucléaire.

Du côté chinois, le Global Times, un journal proche de Pékin a annoncé il y a quelques jours que la Corée du Nord «paierait un prix élevé» pour cet essai. Pour le New York Times, les analystes vont observer attentivement la manière dont le nouveau leader chinois Xi Jinping va gérer le dossier nord-coréen pour savoir s’il changera l’approche de son prédécesseur Hu Jintao, qui avait maintenu la Corée du Nord à flot en fournissant pétrole, nourriture et investissement privé tout en tolérant le développement de son programme nucléaire militaire.

La Chine est le seul allié de la Corée du Nord, isolée sur le plan international. Selon le professeur de relations internationales à Pékin Jia Qingguo, interrogé par le New York Times, la peur d’une invasion américaine de la Corée du Nord, zone à partir de laquelle l’armée américaine marcherait sur la Chine, est encore très présente dans l’armée, et constitue un frein au développement d’une coopération avec les Etats-Unis pour faire pression en commun sur la Corée du Nord.

L’administration Obama a prévenu qu’elle tenterait de durcir les sanctions contre le pays via l’ONU. Le président américain a qualifié ce test de «très provoquant». Mais, comme le note le New York Times, «le fait est qu’il reste peu de sanctions encore applicables contre le pays le plus imprévisible d’Asie».

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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