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Les Républicains peuvent-ils regagner la Maison Blanche?

Laure Beaulieu, mis à jour le 09.11.2012 à 15 h 25

Si le parti semble actuellement géographiquement et démographiquement désavantagé, tout n'est pas perdu pour lui.

Une femme devant l'entrée de la conférence annuelle de la National Association of Latino Elected and Appointed Officials, le 21 juin 2012 en Floride. REUTERS/David Manning.

Une femme devant l'entrée de la conférence annuelle de la National Association of Latino Elected and Appointed Officials, le 21 juin 2012 en Floride. REUTERS/David Manning.

Cette fois, on a presque les résultats définitifs de la présidentielle 2012, puisque les Républicains ont reconnu qu'ils étaient mal placés pour gagner la Floride. Barack Obama devrait donc avoir 62 grands électeurs de plus que la majorité absolue (il lui en fallait au minimum 270) et devance aussi son adversaire d'environ 2,5 points en ce qui concerne le vote populaire.

La victoire des Démocrates est-elle vouée à se reproduire en 2016, 2020...? Ou les Républicains vont-ils réussir à reconquérir la Maison Blanche? Les changements démographiques et géographiques aux Etats-Unis peuvent laisser penser que la victoire sera de plus en plus difficile pour eux.

Le statisticien du New York Times Nate Silver explique que les Républicains sont désavantagés par leur position actuelle au collège électoral. Pour s'imposer cette année, il aurait fallu à Romney remporter la Floride et l'Ohio, ou l'avance d'Obama est inférieure à sa moyenne nationale, mais aussi la Virginie et le Colorado, où elle est supérieure de respectivement 0,5 et 2,2 points. En clair, si le score d'Obama avait baissé de quatre points dans tous les Etats, il aurait encore été majoritaire au collège électoral, en étant pourtant devancé dans le vote populaire.

Dans le même ordre d'idée, les Etats acquis aux Républicains ne permettent pas de faire basculer le rapport de forces au collège électoral, analyse Nate Silver:

«Le problème pour les Républicains, c'est que les Etats comme [la Virginie-Occidentale et le Missouri], et d'autres comme le Tennessee, le Kentucky et l'Arkansas sont gagnés aujourd'hui avec de tels écarts que leur vote est distribué inefficacement pour le collège électoral.»

Les minorités ont massivement voté Obama

Selon les analyses du Pew Research Center, l'avantage démocrate s'explique surtout par l'évolution démographique de la société américaine. Les minorités (les Latinos, les Noirs et les Asiatiques), qui ont massivement voté démocrate, ont indéniablement aidé Barack Obama à gagner.

Une étude du Pew Hispanic Center montre que 71% des électeurs latinos ont voté démocrate, le taux le plus élevé depuis 1996. Ce vote latino a été crucial pour dans les swing states comme le Colorado, où Barack Obama a remporté 75% des votes des hispaniques, ou le Nevada, où 70% des Latinos ont voté démocrate.

Or, le vote des minorités jouera un rôle de plus en plus crucial dans les élections américaines futures puisque leur proportion dans la société augmentera beaucoup. Selon le Pew Research Center, les Latinos représentaient 17% de la population américaine en 2011 mais devraient atteindre 29% en 2050.

Hormis les minorités, c'est aussi l'avantage de Barack Obama chez les femmes et les jeunes, éduqués ou pas, qui a permis sa victoire. Sur le Daily Beast, note qu'une catégorie spécifique de femmes est très favorable aux Démocrates et que leur proportion dans la société augmente:

«Le déclin du nombre de femmes mariées dans l'électorat fait mal [aux Républicains], car les femmes célibataires sont beaucoup plus en faveur d'un Etat-Providence fort que leurs semblables mariées.»

Une «majorité démocrate émergente» fragile

Tout n'est pas perdu pour autant pour les Républicains, car l'apparition d'une «majorité démocrate émergente». Selon elle, les changements démographiques ne font pas de la défaite une fatalité pour les Républicains car «cette majorité n'émerge pas aussi vite que cela» et que «les coalitions ethniques sont intrinsèquement instables».

Elle donne l'exemple des catholiques urbains, acquis traditionnellement aux Démocrates jusqu'au moment où ils ont voté massivement pour Ronald Reagan au début des années 1980. Les Latinos ne seront donc peut-être pas acquis éternellement aux Démocrates.

Nate Silver donne d'ailleurs quelques conseils au parti républicain pour gagner dans quatre ans:

«Si les Républicains modèrent leurs propos sur les questions de société, ils pourraient être plus compétitifs dans ces Etats [le Wisconsin, le New Hampshire et l'Iowa] tout en regagnant du terrain dans le Nord de la Virginie et dans les banlieues de Philadelphie. [...] Cela pourrait rendre de grands services au prochain candidat républicain de se souvenir qu'en 2000, le parti a gagné le collège électoral malgré la perte du vote populaire, quand George W. Bush et Karl Rove avait mis plus l'accent sur la campagne de terrain, et que les Républicains semblent avoir été désavantagés ces deux dernières années lorsque leurs candidats ont moins investi sur ce point.»

Laure Beaulieu

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