Elections-US-2012USA 2012Monde

Ryan, Christie, Rubio, Bush, Rice... Qui sont les candidats républicains potentiels à la présidentielle 2016?

Jamal El Hassani, mis à jour le 08.11.2012 à 19 h 08

L'éléphant, symbole du parti républicain. DonkeyHotey via Flickr CC License by.

L'éléphant, symbole du parti républicain. DonkeyHotey via Flickr CC License by.

>> A lire également: les principaux candidats potentiels du côté démocrate

Barack Obama à peine réélu, les regards se tournent déjà vers la présidentielle de 2016. Cette élection sera particulière car elle verra s’organiser des «vraies» primaires à la fois côté républicain et côté démocrate, puisque la Constitution interdit à Barack Obama d’effectuer plus de deux mandats. 

Une multitude de prétendants à la fonction suprême devrait donc apparaitre. Tour d’horizon non exhaustif des possibles candidats du côté républicain.

Déjà battu lors des primaires en 2008, Mitt Romney semble hors course pour 2016: depuis le début du XXème siècle, seul Richard Nixon a réussi à être élu président après avoir été vaincu une première fois.

Alors que pour l’élection de 2012, de nombreuses têtes d’affiches républicaines avaient renoncé à se présenter aux primaires, tant une victoire face à Barack Obama paraissait difficile, les primaires de 2016 devraient voir se présenter des candidats de meilleure facture, explique le New-Yorker :

«Il y aura certainement un bien plus grand nombre de candidats expérimentés en 2016 [...] Une génération talentueuse a été emportée par les raz-de-marée démocrates de 2006 et 2008. [...] Après quelques cycles de rétablissement, 2016 verra moins de candidats de seconde zone comme Michelle Bachman ou Hermain Cain. Ce seront des candidats forts.»

Paul Ryan lors d'un meeting de campagne à Mansfield, le 4 novembre 2012. REUTERS/Eric Thayer.

Paul Ryan, représentant du Wisconsin

Le colistier de Mitt Romney à l’élection présidentielle possède l’avantage d’être déjà très médiatisé et connu du grand public. Il est l’un des meilleurs porte-parole du parti républicain sur les sujets législatifs, remarque le National Journal. Pour le New Yorker, Ryan, qui représente l’aile du «libéralisme austère», a été «la force politique la plus influente dans le parti ces quatre dernières années».

A noter que, depuis le début du XXe siècle, seul un candidat défait pour la vice-présidence a réussi ensuite à être élu président: Franklin D. Roosevelt, battu en 1920 en tant que colistier de James M. Cox, puis élu en 1932 en tant que tête du ticket. Battu en 1976 comme colistier du président sortant Gerald Ford, le républicain Bob Dole l'a ensuite été en 1996 par Bill Clinton. Le démocrate Walter Mondale, vaincu en 1980 comme bras droit de Jimmy Carter, a lui été battu par Ronald Reagan quatre ans après, mais son cas est quelque peu différent puisqu'il a effectivement occupé la vice-présidence.

Chris Christie lors d'une conférence de presse devant un centre d'aide aux victimes de l'ouragan Sandy. REUTERS/New Jersey Governor's Office/Tim Larsen.

Chris Christie, gouverneur du New Jersey

D’après le National Journal, les Républicains l’auraient supplié de se présenter aux primaires de 2008. Un «guerrier partisan» dont le franc-parler et la sincérité sont très appréciés, ce qui lui a permis de conquérir un Etat traditionnellement à gauche, explique cette publication:

«Christie donne l’impression d’une vraie sincérité, ce que les électeurs des deux camps apprécient.»

Selon Policy Mic, son bilan dans le New Jersey (où il a mené plusieurs réformes et présenté des comptes à l’équilibre les trois dernières années) en fait l’un des favoris des milieux républicains. Modéré, il est favorable à une coopération bipartisane.

Après le passage de l’ouragan Sandy, il ne tarissait pas d’éloges sur la gestion de la catastrophe par Barack Obama, avec lequel il a fortement coopéré dans son fief du New Jersey, particulièrement touché par la tempête, rapporte le New York Times. Chris Christie n’a pas non plus peur de se confronter à la droite de son parti en se déclarant par exemple en faveur des lois qui contrôlent le port d’armes, mises en place par les Démocrates dans son Etat.

Marco Rubio au Council of Foreign Relations à New York, le 31 mai 2012. REUTERS/Eric Thayer.

Marco Rubio, sénateur de Floride

Il possède de nombreux atouts qui pourraient lui permettre de remporter les primaires républicaines. D’abord, il entretient «des liens très étroits avec le Tea Party», explique le National Journal. Ensuite, ses origines cubaines pourraient lui permettre de gagner les faveurs de l’électorat latino, qui fait cruellement défaut au parti républicain à chaque élection.

Policy Mic souligne également que son ancrage en Floride peut être particulièrement décisif lors de l’élection présidentielle: la Floride est en effet le plus gros swing state avec 29 grands électeurs.

Jeb Bush lors de la conférence annuelle des élus latinos à Lake Buen Vista, le 21 juin 2012. REUTERS/David Manning.

Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride

Le petit frère de George W. Bush, qui travaille actuellement dans le secteur privé, a un profil assez atypique pour un républicain. Il parle couramment espagnol et est marié à une Latino. Il a pris des décisions progressistes en Floride en matière d’éducation et d’immigration.

Jeb Bush est de ceux qui appellent à réformer le parti —une position marginale, surtout depuis l’apparition du mouvement Tea Party, qui fait glisser les Républicains encore plus à droite. Comme l’explique le New York Magazine, même s'il est marginalisé au sein du parti et que son nom et son visage rappellent son frère George (qui reste encore très impopulaire), sa réflexion lucide sur l’électorat américain en ferait un très bon candidat.

Il explique en effet que les Républicains sont en train de perdre à tout jamais l’électorat latino à cause des politiques d’immigrations intransigeantes qu’ils mènent dans les Etats du Sud. Ils pensaient jusqu’ici conserver une partie de cet électorat très catholique grâce à leur discours conservateur sur les valeurs, mais les nouvelles générations deviennent de plus en plus progressistes et rejettent donc en bloc les idées républicaines.

Or, les Latinos sont la population qui progresse numériquement le plus vite aux Etats-Unis et ils pourraient devenir majoritaires dans des Etats du Sud traditionnellement acquis aux républicains tels que le Texas, qui pourraient alors basculer dans le camp démocrate et ainsi condamner les chances du parti républicain d’accéder à nouveau à la présidence des Etats-Unis.

Condoleezza Rice à l'Université de Hong Kong, le 19 mars 2010. REUTERS/Bobby Yip

Condoleezza Rice, ex-secrétaire d'Etat

La secrétaire d’Etat (équivalent français du ministre des Affaires étrangères) de George Bush a fait un discours très remarqué le 29 août dernier lors de la convention républicaine, que de nombreux observateurs ont qualifié de «meilleur discours de la convention», rapporte Politico.

Elle est très populaire chez la base républicaine, qui souhaitait d’ailleurs la voir candidate à la vice-présidence à la place de Paul Ryan, rappelle le Washington Post. Cependant, elle est toujours associée à la politique étrangère des années Bush et à la guerre en Irak, que les Républicains préfèreraient oublier. Ses positions pro-avortement pourraient également lui barrer la route de la Maison Blanche.

Jamal El-Hassani

Jamal El Hassani
Jamal El Hassani (83 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte