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L'ouragan Sandy votera-t-il Obama ou Romney?

Barack Obama pendant un briefing sur l'ouragan Sandy, à Washington DC, le 28 octobre 2012. REUTERS/Jonathan Ernst

Barack Obama pendant un briefing sur l'ouragan Sandy, à Washington DC, le 28 octobre 2012. REUTERS/Jonathan Ernst

En plus de risquer d’affecter la participation électorale des early voters de la côte Est et de forcer les candidats à annuler ou reporter des meetings de campagne, l’ouragan Sandy pourrait s’avérer être une October surprise de 2012, cet événement –habituellement lié à la politique étrangère– qui arrive à la fin de la campagne et peut en changer le cours.

Alors que les candidats doivent bien faire attention à ne pas sembler se servir de Sandy à des fins politiques et à ne pas faire passer la campagne avant la sécurité des Américains, à qui l’ouragan profitera-t-il?

Ajoutez l’appétit des médias pour les catastrophes naturelles aux coupures de courant qui pourraient avoir lieu sur toute la cote Est, et les messages politiques –qu’ils passent par des publicités ou des talk-shows– risquent fort d’être noyés par Sandy. Ce qui risque d’être d’autant plus problématique pour les Républicains, dont la stratégie publicitaire se concentre sur la dernière semaine de campagne.

D’un autre côté, la campagne Obama risque d’être tout autant affectée, puisqu’elle a beaucoup misé sur le vote par anticipation, qui pourrait être bouleversé par Sandy. David Axelrod, l’un des proches conseillers d’Obama, s’inquiète d’ailleurs de l’effet de l’ouragan sur l’accès au vote, estimant que «plus les gens iront voter, mieux ça tournera pour» les Démocrates.

En attendant d’y voir plus clair, les deux campagnes analysent l’événement comme ça les arrange. Mike Allen de Politico a parlé à plusieurs responsables démocrates et républicains pour sa newsletter quotidienne «Playbook» (à laquelle vous devriez vous abonner si vous suivez de près les élections!).

Un Démocrate estime que Sandy risque de «geler» la campagne, ce qui serait tout bénef puisque ça empêcherait «Romney de changer la dynamique» de la campagne. Obama a pour l'instant toujours une courte avance dans les swing states, ce qui lui permettrait de remporter la majorité des grands électeurs, et donc l’élection.

Sandy pourrait également permettre à Barack Obama d’apparaître très présidentiel dans sa gestion de la catastrophe, mais «ça ne permettra pas de faire changer d’avis suffisamment d’électeurs», d’après un responsable républicain qui estime que la montée de Mitt Romney va se poursuivre.

Hors efforts de com’, on sait que les catastrophes naturelles peuvent être nuisibles à la réélection d’un président sortant, note Reuters, parce que les électeurs blâment généralement la personne en charge. Le vice-président Al Gore pourrait notamment avoir perdu l’élection de 2000 à cause de sécheresses et pluies extrêmes dans sept Etats, d’après une étude des universités de Vanderbilt et Princeton. Reuters rappelle également que la cote de popularité de George W. Bush a brutalement diminué après l’ouragan Katrina, en 2005.

C.D.

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