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Avec Citizens United, Romney a le droit d'appeler les patrons à faire pression sur leurs employés

Jamal El Hassani, mis à jour le 18.10.2012 à 17 h 19

Rand Paul / Gage Skidmore via FlickrCC License by

Rand Paul / Gage Skidmore via FlickrCC License by

Les patrons doivent convaincre leurs employés de voter comme eux. C’est ce que Mitt Romney a expliqué le 6 juin dernier lors d’une téléconférence pour la National Federation of Independent Business, rapporte In These Times.

S’adressant à un mouvement antisyndicats qui se présente comme un «groupe de chefs de petites entreprises», Mitt Romney lâche:

«J’espère que vous direz clairement à vos employés ce que vous pensez être le mieux pour votre entreprise et par conséquent pour leur travail et leur futur dans les élections à venir. Que vous soyez d’accord avec moi ou avec le Président Obama, ou quelles que soient vos idées politiques, j’espère, j’espère que vous les transmettrez à vos employés.»

Ces déclarations font suite à plusieurs cas de pressions manifestes dans des grandes entreprises qui soutiennent Romney, rapporte In These Times. Le procédé est toujours le même: les entreprises envoient une lettre à tous leurs employés dans laquelle ils expliquent que la réélection d’Obama aurait de graves conséquences sur l’économie et sur les finances de l’entreprise, ce qui les forcerait à licencier, certaines soutenant même ouvertement Mitt Romney dans ces lettres ou d’autres comme le magnat du tourisme David Siegel allant jusqu’à joindre des articles anti-Démocrates aux fiches de paie de leurs employés.

Ce genre de pratiques qui peut paraître d’un autre âge d’un point de vue européen est autorisé depuis 2010 par une décision de la Cour suprême appelée Citizens United.

Le New York Times rappelle en quoi consiste Citizens United:

«Le terme est un raccourci désignant une décision de la Cour suprême qui a donné aux entreprises la même liberté d’expression politique que les individus, supprimant en pratique les restrictions concernant l’argent des entreprises en politique.(…) Citizens United a provoqué un déferlement d’argent provenant des entreprises et des multimillionnaires qui les dirigent, par conséquent nous assistons en ce moment une prise de contrôle de la politique américaine par l’entreprise.»

Par conséquent les chefs d’entreprise ont tout à fait le droit de faire campagne au sein de leur entreprise pour le candidat de leur choix. Un avocat opposé à Citizens United va plus loin et déclare à In These Times:

«Il est concevable, avec l’actuelle législation, qu’un employeur tel que Koch [les frères Koch, Charles et David, sont des milliardaires anti-Obama] puisse impunément forcer ses employés à faire campagne pour un candidat ou un parti donné sous peine de licenciement.»

Jamal El Hassani
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