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Premier débat: Romney a dominé un Obama fatigué

Daphnée Denis, mis à jour le 04.10.2012 à 9 h 54

Que retenir du premier débat? Le challenger républicain, dont la campagne n'impressionnait pas, a presque accompli un sans-faute, face à un Président mou.

Mitt Romney au premier débat présidentiel à Denver, le 3 octobre 2012. REUTERS/Jim Bourg

Mitt Romney au premier débat présidentiel à Denver, le 3 octobre 2012. REUTERS/Jim Bourg

Barack Obama et Mitt Romney se sont affrontés à l'université de Denver, ce mercredi 3 octobre à 19 heures heure du Colorado (jeudi à 3 heures du matin en France), à l'occasion de leur premier débat de campagne.

Pour le revivre comme en direct, c'est par là

QUE RETENIR DU PREMIER DÉBAT?

1. Le débat en images

Pour ceux qui veulent tout rattraper, le New York Times en a fait la retranscription complète ici.

Pour ceux qui n'auraient pas envie de lire, voici la vidéo de la totalité du débat:

Pour les plus pressés, Now This News en a fait une version de deux minutes:

Et BuzzFeed a tout résumé en trois images.

2. Obama en très petite forme

Avant le débat, pour faire monter la pression, les Républicains avaient fait le portrait d'un Obama excellent débatteur. Lui avait répondu: «Le gouverneur Romney est bon en débat. Je me débrouille juste.» On avait pris ça pour de la fausse modestie, mais, après ce premier face-à-face avec Romney, beaucoup estiment que c'est peut-être vrai. Le chef d'Etat est apparu fatigué. Peu d'humour, l'air de ne pas vouloir débattre et incapable de défendre son bilan.

Hésitant, il a agi comme un «professeur du gouvernement», le surnom que lui a attribué la radio NPR. Pour conclure, il a affirmé que sa promesse de 2008 n'était pas d'«être un président parfait» mais de «se battre tous les jours». Manifestement, ce n'était pas le cas le 3 octobre. 

La seule blague d'Obama lors de ce premier débat... était destinée au modérateur Jim Lehrer:

3. Le sans-faute de Romney

Romney a presque accompli un sans-faute. Selon un sondage CNN effectué juste après le débat sur 430 inscrits sur les listes qui l'ont regardé, 67% de l'audience considère qu'il a «gagné», ce mercredi soir. Soit, d'après The Atlantic, le meilleur score dans un sondage de ce type depuis 1984.


Même si le plan économique qu'il a détaillé ne se tient pas, comme le lui a fait remarquer Obama, le challenger républicain a surpris par son aisance et sa précision (il avait promis que sa campagne serait plus précise et John Dickerson se demandait à l'époque si ce serait une stratégie audacieuse).

Il a cité une avalanche de chiffres, et n'a pas cillé face à son adversaire. Sans lui donner de coup de grâce, il s'est imposé en leader, confirmant l'adage qui veut que le premier débat profite au challenger.

La droite américaine est enfin conquise par son candidat, comme le montrent les tweets des conservateurs réunis par notre grand frère de Slate.com

Capture d'écran d'un tweet républicain

4. Les «oublis» du débat et un modérateur inexistant

Plusieurs sujets n'ont pas été abordés lors du débat, comme le souligne le New York Times. Obama n'a par exemple pas fait allusion aux remarques insultantes de Romney sur «les 47% qui ne paient pas d'impôts sur le revenu en Amérique».

Le président sortant n'a pas non plus évoqué Bain Capital, l'ancienne société de Mitt Romney. Au lieu de faire le portrait d'un «affreux capitaliste», Obama s'est contenté de nier gentiment les chiffres du républicain. 

Enfin, le président sortant n'a fait aucune référence au droit des femmes à l'avortement, ni rien qui concernait les femmes, comme le fait remarquer notre collègue de Slate.com Allison Benedikt. 

Romney avait annoncé qu'il voulait attaquer Obama sur sa politique internationale, notamment en faisant référence à la Libye. Il ne l'a pas fait, probablement dans attente les deux prochains débats plus anglés sur la politique étrangère. Rendez-vous le 16 et le 22 octobre. 

Le modérateur, Jim Lehrer, n'a rien dit. Du tout. Un faux compte Twitter, @SilentJimLehrer, est immédiatement apparu pour se moquer du journaliste, un peu trop timide.

Edit: Contrairement à ce que nous indiquions dans une première version, le prix de l'essence a bien été rapidement évoqué, par Mitt Romney, qui a dit que «le prix de l'essence a doublé pendant le mandat» du président Obama.

Daphnée Denis
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Journaliste
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