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David Cameron préfère-t-il terminer un match de tennis que parler à Barack Obama au téléphone?

Laure Beaulieu, mis à jour le 28.09.2012 à 18 h 11

David Cameron, le 19 juin 2012 à Los Cabos (Mexique). REUTERS/Henry Romero.

David Cameron, le 19 juin 2012 à Los Cabos (Mexique). REUTERS/Henry Romero.

David Cameron aurait préféré finir un match de tennis plutôt que de répondre à un appel de Barack Obama. C'est du moins ce qu'affirme Charlie Brooks, le mari de Rebekah Brooks, ancienne directrice de News International, qui aurait fait un tennis avec le Premier ministre britannique et aurait été témoin du refus de David Cameron de prendre l'appel de la Maison Blanche.

«Un jour, je jouais au tennis avec lui au Chequers. J'ai gagné le premier set facilement, ensuite il a gagné le deuxième set, et ensuite quelqu'un est venu, et a dit “Euh.. M. Obama est au téléphone et souhaite vous parler, Monsieur le Premier Ministre”. Il a dit: “Je pense que nous avons le temps pour un troisième set. Dites à monsieur Obama que je le rappelerai.” Il pensait clairement qu'il pouvait me battre, et je l'ai battu à deux sets contre un», affirme Charlie Brooks au Racing Post (dans sa version papier), repris par The Independent.

Charlie Brooks, entraîneur de chevaux de course et ancien éditorialiste au Daily Telegraph est accusé dans le procès contre News of the World. Il se vante de ses relations avec le Premier ministre britannique: «Nous sommes d'assez bons amis», dit-il au Racing Post.

Une amitié que le locataire du 10, Downing Street aurait préféré oublier. Les révélations sur ces liens proches avec les Brooks ont très largement entaché son image depuis le scandale de News of the World. David Cameron a été obligé d'admettre publiquement qu'il avait monté un cheval de Brooks, un de ses anciens camarades d'Eton.

«La famille de Charlie Brooks et de Cameron étaient amies de longue date et voisines aux Cotswolds», affirme le Guardian. Sa femme, Rebekah Brooks, était elle aussi une proche du Premier ministre. Elle pourrait même avoir été plus proche de David Cameron que son mari, selon le Telegraph.

Une source de Downing Street a toutefois affirmé à la BBC que cette situation, décrite par Charlie Brooks, n'a pas pu se produire.

«Ils [Downing Street] ont vérifié leurs archives et ont dit que Charlie Brooks a rendu visite trois fois au Premier ministre dans sa maison de campagne depuis les élections, et il n'a joué qu'une seule fois au tennis avec David Cameron. Ils ont aussi vérifié les registres d'appel entre le président Obama et M. Cameron et ils ne présentent aucun chevauchement avec la visite de M. Brooks.»

Néanmoins, pour John Rentoul, biographe de Tony Blair et éditorialiste à The Independent, il est envisageable qu'un Premier ministre britannique ne prenne pas l'appel du président des Etats-Unis. Il raconte dans The Independent une anecdote similaire à celle de Charlie Brooks:

«Je me souviens de Tony Blair faisant quelque chose de similaire au 10 Downing Street pour son secrétaire politique Phil Wilson, aujourd'hui député de Sedgefield. Le Premier ministre faisait un grand discours quand quelqu'un a passé la tête à travers la porte pour dire que la Maison Blanche était en ligne. “J'ai toujours voulu faire ça pour toi Phil”, a dit Blair, et se tournant vers la porte. “Dites-leur que je les rappellerai”.»

Dans un tweet, l'ancien conseiller presse de Gordon Brown, envisage lui une autre possibilité pour expliquer la scène.

 

(«Je parie qu'Obama n'était pas au bout du fil et que c'était juste un arrangement préalable avec les employés pour donner le signal "dehors" à Cameron quand une réunion avait duré une heure»)

Laure Beaulieu
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