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Obama le «musulman noir»: quand Madonna s'invite dans la vie politique américaine

Pierrick de Morel, mis à jour le 27.09.2012 à 10 h 44

Madonna lors de son concert à Nice, le 21 août 2012. REUTERS/Eric Gaillard-

Madonna lors de son concert à Nice, le 21 août 2012. REUTERS/Eric Gaillard-

Madonna s’est offert une nouvelle polémique. En concert à Washington lundi 24 septembre, la chanteuse américaine a adressé son soutien à Barack Obama d’une manière plutôt maladroite.

Au milieu de ce concert, la chanteuse a tout d’abord commencé par invectiver ses fans: 

«Vous avez intérêt à voter pour ce putain d'Obama, OK? Pour le meilleur et pour le pire, d'accord?»

Puis la star s’est lancée dans un discours en faveur de l’actuel président des Etats-Unis, invoquant tour à tour Abraham Lincoln et Martin Luther King, avant de conclure:

«Nous avons un musulman noir à la Maison Blanche. C’est quand même extraordinaire. Ça veut dire qu’il y a de l’espoir dans ce pays»

Si la chanteuse a depuis expliqué que ces propos ambigüs étaient ironiques, ils ont beaucoup fait parler outre-Atlantique (Obama n'est pas musulman mais chrétien, contrairement à ce que croient 18% des Américains).

Ce nouveau dérapage rappelle que depuis le début de sa carrière, Madonna a déjà eu l’occasion d’interférer à de nombreuses reprises dans la vie politique américaine, toujours en faveur des Démocrates et contre les Républicains.

American Dream et la charge anti-Bush

En février 2003, la recordwoman de vente de disques dans le monde tourne une vidéo dans laquelle elle dénonce la politique militaire américaine pour promouvoir son nouveau single, American Life. Alors que le clip devait être diffusé sur la chaîne du câble VH1, le New York Times explique que la chanteuse fait marche arrière, craignant de choquer les esprits alors que le conflit en Irak vient tout juste d’éclater:

«Cette vidéo a été filmée avant le début de la guerre, et je ne crois pas qu’il soit très approprié de la diffuser dans ce contexte. Vu la fragilité de l’état du monde et par rapport à la sensibilité et au respect de nos forces armées, que je soutiens et pour lesquelles je prie, je ne veux pas risquer d’offenser des gens qui pourraient mal interpréter le sens de ce clip.»

Le clip sera finalement diffusé quelques mois plus tard: on y voit Madonna chanter entourée de danseuses en tenue militaire, lors d'un défilé de mode un peu particulier. La vidéo, qui montre également des cadavres de GI’s, met en scène un sosie du président George W. Bush. A la fin de la chanson, la star américaine lance en direction du faux président des Etats-Unis une grenade qui s’avère en réalité être un briquet.

Bien que salué par la critique pour sa qualité, l’album ne se classera qu’à la 37e position des meilleures ventes d’album aux Etats-Unis comme le rappelle Vincent Daniel sur le site francetvinfo.fr.

Un an plus tard, la chanteuse récidive et compare cette fois le président républicain au dictateur irakien Saddam Hussein. Interrogée en juin 2004 par la chaîne américaine ABC News, elle déclare:

«Je ne veux pas mettre George Bush et Saddam Hussein sur le même plan. Mais je crois que tous deux agissent de manière irresponsable. Donc d’une certaine manière, ils sont identiques.»

Hitler, l’ayatollah Komeyni et John McCain

Quatre ans plus tard, la Madonne s’en prend cette fois au sénateur démocrate John McCain. Dans le cadre d’une tournée mondiale, la chanteuse diffuse un montage montrant différentes images de génocides, puis des visages de personnages responsables de massacres historiques: Adolf Hitler, l’ayatollah Khomeini et Robert Mugabe, auxquels succèdent le sénateur John McCain, futur adversaire de Barack Obama à l’élection présidentielle, comme l'expliquen ce reportage de l'agence de presse américaine AP:

Une initiative qui n’est pas du tout du goût du camp républicain: Tucker Bounds, porte-parole de McCain, juge que la comparaison est «outrageuse et offensive» et qu’elle n’a «aucune place dans le procédé politique». Le New York Times marquait également sa désapprobation, constatant dans son éditorial du 26 août 2008 que «la campagne a déjà été trop marquée par une publicité négative, avec des images à caractère racistes et des insultes de bas niveau [...] Il n'y a pas de place dans un discours décent pour une comparaison entre un candidat à la présidence et Hitler».

Une proche de Hillary Clinton

Très critique envers les républicains, la chanteuse a en revanche toujours soutenu les candidats démocrates. Dans le fameux clip de 2008, Barack Obama apparaissait aux côtés de John Lennon, de Al Gore –adversaire malheureux de George W. Bush en 2000– et du Mahatma Gandhi. La chanteuse avait également publiquement soutenu Hillary Clinton lors de la primaire démocrate de 2007, «parce que je dois soutenir les filles. Et parce je suis une grande fan des Clinton». 

Enfin, notons que la Madonne ne se contente pas d’intervenir dans la vie politique de son pays. En France, elle s’est récemment fait remarquer pour avoir diffusé un autre clip montrant la présidente du Front national Marine Le Pen avec une croix gammée sur le front. Une prise de position qui lui a valu une plainte déposée par le FN.

Pierrick de Morel
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