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Des enregistrements secrets de conversations de John Kennedy révélés

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 23.09.2012 à 14 h 07

John Kennedy dans le Bureau ovale, le 11 juillet 1963 / Cecil Stoughton via Wikimedia Commons

John Kennedy dans le Bureau ovale, le 11 juillet 1963 / Cecil Stoughton via Wikimedia Commons

Nous sommes en 1963, dans le Bureau ovale, et John Kennedy vient d'apprendre en lisant la presse que des conseillers militaires ont pris l'initiative de faire construire, pour 5.000 dollars, une salle d'accouchement pour sa femme Jackie sur la base de Cape Cod (elle donnera naissance en août à un petit garçon qui mourra à l'âge de deux jours).

Le président décroche son téléphone et demande à ce que les responsables de ce couac soient transférés en Alaska, puis admoneste son conseiller pour l'armée de l'Air, le général Godfrey McHugh («Qu'est-ce qui vous a pris de laisser entrer des reporters là-dedans? Vous venez juste de couler le budget de l'armée de l'Air»), et s'emporte à propos d'un assistant qui apparaît en photo dans l'article («Je ne le laisserais même pas gérer un bordel!»).

Cette anecdote, racontée par le New York Times, vient juste d'émerger sous la forme d'un livre édité par la John F. Kennedy Library Foundation, Listening In: The Secret White House Recordings of John F. Kennedy, à paraître le 25 septembre et réalisé pour l'essentiel à partir de 260 heures d'enregistrements de conversations et de coups de fil réalisés dans le Bureau ovale durant sa présidence.

On y apprend également que Kennedy était obsédé par le fait que les Américains soient les meilleurs, aussi bien dans la conquête spatiale qu'en hockey («Mon Dieu, qui avons-nous envoyé là-bas? Des filles?», se plaint-il en 1963, alors que les Américains viennent d'être écrasés par les Suédois), ou discutait sexualité avec son prédécesseur Harry S. Truman («Le principal problème que j'ai, ma principale difficulté, est de continuer à satisfaire ma femme», lance l'ancien président à son successeur, qui le félicitait de sa bonne forme).

Quand Kennedy parle du père de Romney

Le Huffington Post a également réalisé une sélection au sein des enregistrements, et nous apprend que, le 23 octobre 1962, en pleine crise des missiles de Cuba, Kennedy confiait à son frère Robert craindre une procédure d'impeachment de la part des Républicains s'il ne gérait pas correctement la crise:

«Je ne serais pas surpris de les voir tenter une procédure d'impeachment après cette élection [les élections de mi-mandat de 1962, NDLR], sur la base de ce que j'ai dit et n'ai pas fait.»

On le voit aussi discuter avec le général Douglas MacArthur des chances pour la Maison Blanche d'un certain George Romney, le père de Mitt. «Pour commencer, monsieur le Président, il est pratiquement inconnu... Même s'il remportait la nomination, il ne pourrait pas gagner», lance son interlocuteur, qui reçoit en retour un rire approbateur (Romney se présentera en 1968 aux primaires républicaines, dont il terminera cinquième).

La chaîne de télévision ABC doit diffuser le 24 septembre des extraits des enregistrements, accompagnés d'une interview avec la fille de Kennedy, Caroline. Le New York Times en met également plusieurs à disposition sur son site, dont un où Kennedy, début novembre 1963, interrompt sa réflexion sur le coup d'Etat au Vietnam pour jouer avec son fils John-John : «Pourquoi les feuilles tombent-elles? Parce que c'est l'automne.» Il mourra trois semaines plus tard à Dallas.

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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