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Mother Jones, le magazine qui fait cauchemarder Mitt Romney

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 19.09.2012 à 17 h 48

Détail de la couverture du numéro de mai-juin de Mother Jones.

Détail de la couverture du numéro de mai-juin de Mother Jones.

La vidéo de Mitt Romney brocardant les 47% d’Américains qui ne paient pas d’impôts n’a pas été révélée par le New York Times, le Washington Post ou une grande chaîne de télévision, mais par le site web d'un magazine de gauche, Mother Jones, alias MoJo. Une revue qui, comme l’expliquait le New York Times il y a cinq ans, «a à la fois une tradition de reportage acharné et des penchants à gauche», ou, selon les mots de Courrier international, «revendique fortement son identité progressiste et contestataire».

Créée en 1976 à San Francisco sous le slogan «A magazine for the rest of us» («Un magazine pour tous», sous-entendu, pas seulement pour les élites), la publication tire son nom de Mary Harris Jones, une syndicaliste américaine célèbre du début du XXe siècle. Un an après sa création, le magazine accède à la célébrité avec son premier gros scoop, en révélant que Ford a vendu pendant sept ans des voitures défectueuses dont le réservoir à essence risquait de prendre feu à tout moment.

Mother Jones a par ailleurs eu pendant quelques mois, au milieu des années 1980, le cinéaste Michael Moore pour rédacteur en chef, expérience qui se terminera par un procès pour licenciement abusif et un arrangement financier qui lui permettra de financer son premier film, Roger et moi.

Propriété d'une fondation

Mother Jones n’est pas la propriété d’une famille, ni d’un groupe industriel, mais d’une fondation à but non lucratif, la Foundation for National Progress. En 2009, le New York Times expliquait qu’il tirait la moitié de ses revenus de donations, le reste provenant des abonnements et ventes et de la publicité, à un niveau que le magazine qualifie lui-même de «modeste» mais «significatif».

Réputé pour ses couvertures accrocheuses («WTF, GOP?», titrait-il en mai à propos des erreurs du parti républicain), Mother Jones devrait largement profiter du scoop sur Romney. Le magazine revendique plus de 200.000 exemplaires vendus par mois et plus de 7 millions de pages vues en ligne, mais a engrangé 2 millions de pages vues en une demi-journée lundi, après la mise en ligne de son article sur le candidat républicain.

Et ce même si le premier média à avoir parlé de la vidéo et de la citation sur les 47% n’était pas MoJo mais le Huffington Post, dont l’enquête était moins fouillée. Depuis lundi, c’est essentiellement Mother Jones que les médias citent: comme l’explique Politico, «le résultat, c’est que si le Huffington Post peut revendiquer avoir été le premier, c’est sans doute Mother Jones qui passera à la postérité».

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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