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USA2012: Les ratés de l'équipe de Romney

Laure Beaulieu, mis à jour le 18.09.2012 à 15 h 50

Mitt Romney le 17 septembre 2012 à Los Angeles, aux Etats-Unis. REUTERS/Jim Young

Mitt Romney le 17 septembre 2012 à Los Angeles, aux Etats-Unis. REUTERS/Jim Young

Avant même l'affaire des «vidéos», ce n'était pas une bonne semaine pour le candidat républicain, note le New York Times. Après la publication de sondages nationaux et dans les Etats clefs favorables à Obama, les résultats de levées de fonds pour le mois d’août où le candidat démocrate fait mieux que Mitt Romney, et les déclarations polémiques de Romney après l’attentat en Libye, le camp républicain doit faire face à une autre attaque: la publication, par Politico, dimanche 17 septembre d’un article sur les dysfonctionnements en interne dans la l’équipe de campagne de Mitt Romney.

Revenant tout d’abord sur le discours de Mitt Romney à la convention à Tampa, le journaliste explique que ce discours a été énormément retravaillé: réécrit huit jours auparavant, puis a été à nouveau réécrit par Romney et Stuart Stevens (sa plume) juste avant d'être dit. Conséquence: Mitt Romney n’a pas salué les troupes américaines et n’a pas évoqué l’Afghanistan et al-Qaida, ce qui a été très mal perçu.

Autre révélation de Politico: l’apparition de Clint Eastwood à la convention, l’un de ces moments les plus importants, n’a été décidée que quelques semaines auparavant. En outre, l’acteur hollywoodien «avait les mains libres pour faire et dire ce qu’il voulait sans l’accord de l’équipe de campagne. Eastwood a prévenu juste quelques minutes avant son discours en direct qu’il portait une chaise pour s’asseoir et il a décidé à ce moment-là qu’elle deviendrait un accessoire pour son discours».

Hormis ces révélations, l’article s’attarde sur la personnalité de Stuart Stevens, le directeur de campagne de Mitt Romney, qui, à lui seul, joue le rôle de directeur de campagne, de directeur de la publicité et de plume pour les discours du candidat. Sa personnalité est un problème:

«Il n’est pas particulièrement idéologue, et dispose d'une aura hollywoodienne, dans les  grandes villes, ce qui agace au sein du mouvement conservateur.»

C’est surtout ses choix d’orientation pour la campagne qui font de lui le «bouc émissaire» du camp républicain. En choisissant de focaliser la campagne sur l’économie et sur les attaques contre Barack Obama, plutôt que de mettre en avant les propositions de son camp, Stuart Stevens paie l’échec de cette stratégie.

Après la publication de cet article, les journaux s’interrogent sur la possibilité qu’il reste ou non aux Républicains de remporter le match le 6 novembre. Dans le Washington Post, le journaliste précise :

«La course reste ouverte et les débats arrivent bientôt (…) Un écart de trois points n’est pas insurmontable» mais ajoute: «nous nous approchons d’un moment où si Mitt Romney réussit à revenir, cela serait un événement sans précédent dans notre histoire moderne. Et, si la campagne de Romney commence à craquer sous la pression, ce retour devient de plus en plus improbable.»

Et, selon le journal, deux signes –le changement rapide et sporadique de stratégie et l’attaque par voix d’anonymat des stratèges de cette campagne– montrent que la victoire du candidat républicain est de moins en moins envisageable.

The American Prospect s’interroge lui sur les raisons qui ont conduit Mitt Romney à rater sa course à la Maison Blanche. «L’équipe de campagne de Romney a pris des décisions déconcertantes quant aux choix de où le candidat allait consacrer du temps et de l’attention» mais, précise le journal, c’est aussi «un environnement défavorable» qui a rendu la campagne de Mitt Romney plus difficile. Le journaliste conclut: «Oui, l’équipe de Romney est en train de perdre, mais, d’une certaine façon, ce n’est pas de leur faute.»

Laure Beaulieu
Laure Beaulieu (107 articles)
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