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Mitt Romney se fait «John Kerry-iser» par les Démocrates sur la guerre en Afghanistan

Cécile Dehesdin, mis à jour le 12.09.2012 à 11 h 49

John Kerry pendant la convention démocrate à Charlotte, en Caroline du Nord, le 6 septembre 2012. REUTERS/Jim Young

John Kerry pendant la convention démocrate à Charlotte, en Caroline du Nord, le 6 septembre 2012. REUTERS/Jim Young

Mitt Romney est en train de perdre du terrain sur un thème on ne peut plus républicain: la guerre en Afghanistan et l'armée. Parmi ses plus grands oublis, le candidat républicain n'a par exemple pas cité ou remercié les troupes dans son discours de convention, un faux pas dont s'est immédiatement emparée la campagne démocrate.

Le camp Obama en profite pour dire que Romney serait un mauvais commander in chief (chef des armées), et compte bien continuer tout au long de la campagne. Un revirement de situation d'autant plus ironique que c'est exactement la façon dont les Républicains ont attaqué John Kerry en 2004, mettant en cause ses états de service au Vietnam et critiquant ses positions anti-guerre.

Politico décrit même une «Kerry-isation» de Mitt Romney. L'équipe de Romney affirme qu'il a fait passer ces questions au deuxième plan dans son discours et sa campagne parce qu'il veut se concentrer sur l'économie, mais des responsables républicains sont mécontents de cette faiblesse, qui d'après eux pourrait avoir un effet négatif sur le parti.

Les conseillers d'Obama ont dit au site politique américain qu'ils comptaient se servir du discours de Romney pour souligner qu'il n'était pas franc sur ce qu'il ferait en termes de politique étrangère, notamment auprès d'anciens combattants et de familles de militaires dans des Etats clés comme la Caroline du Nord. Le parti républicain est traditionnellement le parti des militaires et des anciens combattants, le problème électoral est donc réel pour le candidat. D'autant qu'un sondage de CNN de ce lundi 10 septembre affirme que 54% des gens susceptibles de voter estiment qu'Obama gèrerait mieux la politique étrangère, contre 42% pour Romney.

La Kerry-isation passe aussi par Kerry: à la convention démocrate, l'ancien candidat attaqué sur l'armée a lui-même attaqué le Républicain, le faisant apparaître comme un «flip-flopper», un opportuniste qui change d'avis sur la guerre en Afghanistan comme de chemise. John Kerry aide aussi Barack Obama à se préparer aux débats d'octobre, en jouant le rôle... de Mitt Romney bien sûr.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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