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Jimmy Carter a réinventé la post-présidence

Laure Beaulieu, mis à jour le 24.09.2012 à 9 h 27

Jimmy Carter lors d'une conférence au Caire en janvier 2012. REUTERS / Asmaa Waguih

Jimmy Carter lors d'une conférence au Caire en janvier 2012. REUTERS / Asmaa Waguih

Le 8 septembre 2012 était une date symbolique pour les Etats-Unis: Jimmy Carter a détrôné Herbert Hoover pour ce qui est de la plus longue post-présidence.  The Atlantic en profite pour revenir sur le parcours du Démocrate depuis la fin de son mandat présidentiel, en 1981.

S’il avait très mauvaise presse lorsqu’il est battu par Ronald Reagan, sa cote de popularité n’a cessé grandir par la suite. Alors que 34% des Américains avaient une opinion positive sur Jimmy Carter en 1981, «en 2009, une étude C-SPAN [réseau de trois chaînes américaines] conduite par des historiens plaçait Carter 25e sur les 42 anciens présidents, en termes de leurs qualités de dirigeants», relate The Atlantic. En 2010, Jimmy Carter affirmait lui-même à CBC News que «son rôle en tant qu’ancien président est sûrement plus important que celui des autres présidents».

Pourquoi cette évolution dans sa cote de popularité ? The Atlantic avance deux hypothèses: son activisme humanitaire via sa fondation, le Centre Carter, qu’il a créée avec sa femme; et son rôle de «Monsieur “je règle tout” de la diplomatie». Néanmoins, du fait de ses actions au niveau international, «il a régulièrement irrité l’opinion et ses successeurs», explique The Atlantic, car ses prises de position n’allaient pas toujours dans le même sens que celles du gouvernement en place.

Malgré une post-présidence réussie, Jimmy Carter n’a pas réussi à faire complètement oublier sa présidence, un très mauvais souvenir pour le parti démocrate. The Big Story en déduit qu’il ne pourra pas, pour cette raison, jouer un rôle dans la campagne démocrate: «Jimmy Carter ne sera pas un facteur important dans la campagne d’Obama car sa défaite contre Ronald Reagan en 1980 rappelle beaucoup trop la dynamique politique et économique actuelle».

Gil Troy, professeur à l’université de Mc Gill et chroniqueur au Daily Beast, considère lui comme une très mauvaise idée d’avoir invité Jimmy Carter à la convention démocrate, le 4 septembre. Selon ce professeur, «Jimmy a menacé régulièrement la crédibilité des Démocrates (…) en courbant l’échine devant les dictateurs, et en rappelant aux électeurs de l’ère moderne la plus grande défaite du parti démocrate».

Julian Zelizer, professeur d’histoire à Princeton, interrogé par The Atlantic, résume: «Jimmy Carter reste une personnalité controversée, mais qu’on l’aime ou non, il a réinventé la post-présidence.»

Laure Beaulieu
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