Le créateur de l'affiche «Hope» d'Obama condamné pour destruction de preuves et fabrication de fausses preuves

hope/craig Cloutier via Flickr CC License by

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Son affiche bleue, blanc, rouge «Hope» de Barack Obama avait fait le tour du monde, mais elle lui a aussi valu des ennuis: l'artiste américain Shepard Fairey a été condamné, le 7 septembre, par un tribunal de New York à deux ans de mise à l’épreuve, 25.000 dollars d’amende et 300 heures de travaux d’intérêt général pour destruction de documents et fabrication de preuves lors d'un précédent procès l'ayant opposé à l'agence de presse Associated Press.

Originaire de Los Angeles, Fairey avait créé en 2008 cette affiche devenue le symbole de la campagne du candidat démocrate: en 2009, il racontait ainsi au Los Angeles Times comment il en avait eu l’idée, et le message qu’il souhaitait faire passer en tant qu'artiste.

Mais, en 2009, l’agence AP l’a accusé d’avoir utilisé une photographie prise par un de ses photographes, Mannie Garcia, en avril 2006 et d’avoir ainsi violé le droit d’auteur, comme le relate le New York Times. L'affaire s'est réglée au civil, avec un accord entre les deux parties, stipulant que Shepard Fairey n'utiliserait plus de photographies AP sans avoir obtenu la licence au préalable et que les recettes générées par l'affiche seraient partagées. En outre, une compensation financière aurait été négociée, mais son montant reste secret.

Mais cela n'a pas empêché Fairey d'être accusé de destruction de preuves et de fabrication de fausses preuves durant la procédure —il avait essayé de faire croire qu'une autre photographie était à l'origine de son affiche— et donc d'être traduit en justice au pénal. «Mes actes aveugles, nés d’un moment de peur et de confusion, n’ont pas eu qu'un coût financier et psychologique pour moi et ma fille, ils ont aussi caché ce pour quoi je me suis battu avant tout, la possibilité pour les artistes partout d’être inspirés et de créer librement sans risque de représailles», a-t-il affirmé sur son site internet après le jugement.

Le PDG de l'Associated Press, Gary Pruitt, s'est félicité dans un communiqué, après l'annonce de la condamnation, que «cette affaire soit enfin close» et a ajouté que «ce dossier rappelle clairement à chacun l'importance de rétribuer équitablement ceux qui collectent et produisent du contenu informatif original».