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Qui décide de l'ordre des conventions républicaines et démocrates?

Katy Waldman, mis à jour le 29.08.2012 à 10 h 24

Et comment les nominations des candidats pendant les conventions sont devenues on ne peut plus prévisibles.

La scène de la convention républicaine 2012, à Tampa en Floride, le 20 août 2012. REUTERS/Scott Audette

La scène de la convention républicaine 2012, à Tampa en Floride, le 20 août 2012. REUTERS/Scott Audette

Au baseball, la ville qui accueille tiendra toujours la batte en dernier. Au basketball, les deux équipes sautent pour prendre la première possession de balle. Et dans le système politique américain? Qu'est-ce qui fait que la convention nationale républicaine a lieu en premier —comme cette année, du 27 au 30 août— ou que c'est la démocrate (du 4 au 6 septembre cette année)?

Pour l'instant, le fait d'être au pouvoir ou non. Il n'y a pas de règle absolue qui décide du calendrier des conventions, mais depuis 1956, quand Dwight D. Eisenhower était au pouvoir, le parti qui contrôle la Maison Blanche est traditionnellement passé en dernier.

Entre 1864 et 1952, les Démocrates suivaient généralement les Républicains, exception faite de 1888, quand le parti démocrate du président des Etats-Unis Grover Cleveland a précédé le parti républicain, qui nomma Benjamin Harrison. Avant ça, à partir de la première convention de nomination des candidats des deux partis en 1832, ça c'est fait un peu au hasard.

Avant les conventions, le Congrès décidait

Les partis politiques américains ont commencé à se cristalliser au tournant du XIXe siècle. Au départ, le candidat à la présidence et celui à la vice-présidence étaient sélectionnés par un groupe au Congrès mais, le temps passant et les Etats-Unis s'élargisant, les membres du parti qui n'étaient pas au Congrès ont voulu être impliqués dans ce choix. Le parti anti-maçonique a été le premier à tenir une convention, en 1831, suivi un an plus tard par les Républicains et les Démocrates.

Dans les conventions modernes, le choix du candidat à la présidence et à la vice-présidence est couru d'avance, mais ça n'a pas toujours été le cas. Jusque dans les années 50, les délégués ne savaient pas qui serait leur nominé jusqu'à ce que les Etats parviennent à s'accorder sur un candidat à une majorité des deux-tiers. 

Des conventions beaucoup moins prévisibles

Non seulement les délégués étaient plus divisés sur les nominés qu'ils soutenaient en arrivant à la convention, mais ils avaient aussi le droit de changer d'avis et de vote pendant la convention si un autre nominé les en persuadait. Les accords secrets et autres négociations louches avaient un rôle substantiel dans le processus.

En fait, ce n'est qu'en 1968, quand les Démocrates ont vraiment adhéré au système des primaires (et du coup forcé les délégués à voter pour le gagnant de la primaire de leur Etat), et en 1972, quand les Républicains ont fait de même, que les conventions sont devenues les cérémonies totalement prévisibles et sans effusions de sang qu'elles sont aujourd'hui.

Katy Waldman

Traduit par Cécile Dehesdin

Katy Waldman
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