Monde / Politique

La campagne américaine ne se jouera pas sur Internet

Temps de lecture : 2 min

La page Facebook de Mitt Romney
La page Facebook de Mitt Romney

Alors qu'aux Etats-Unis la campagne présidentielle s'active, les Américains se posent la même question que nous il y a six mois sur l'influence d'Internet, et plus particulièrement des médias sociaux (Facebook, Twitter, YouTube...), sur la course à la présidence.

Sur Mashable, le blogueur Adam Hanft rappelle ainsi qu'une théorie veut que 2012 sera l'année où Internet fera la campagne, où les nombreuses données rendues disponibles par les réseaux sociaux permettront aux stratèges politiques d'identifier ce que les gens veulent et, grâce à des algorithmes, de faire changer d'avis des électeurs.

Sauf que, aux Etats-Unis comme en France, ça ne fonctionne pas comme ça. Les réseaux sociaux sont très utiles pour énergiser la base électorale de chaque parti, note Adam Hanft, avec des pubs Facebook du genre «Cliquez sur like pour soutenir Mitt», mais pas pour mobiliser les gens qui ne sont pas un peu investis dans un des candidats.

Pour faire passer un électeur du désintérêt à l'intérêt, ou d'un camp à l'autre, il faut plus qu'une pub Facebook ou une vidéo YouTube, d'autant qu'on ne sait pas combien des internautes qui regardent ces contenus sont déjà des fans d'Obama ou de Romney. «Quand on passe au méga-business qu'est le fait de persuader des gens de changer d'avis, ou de réenvisager un candidat ou un système de pensée qu'ils avaient jusque-là rejetés, les médias sociaux ont encore du chemin à faire», conclut le blogueur.

Pour Erwann Gaucher, les réseaux sociaux peuvent avoir un effet à la marge (sur un groupe d'électeurs ou un Etat), et la marge peut jouer dans les élections présidentielles américaines, où des batailles se jouent parfois à une centaine de milliers de voix sur une catégorie d'électeurs ou un Etat.

Lors de la campagne présidentielle française, Vincent Glad notait lui aussi qu'une «légende urbaine» récente veut que la campagne se joue sur le web, alors que la télévision reste l'influenceur prépondérant. Il ajoutait:

«A l'heure des réseaux sociaux, Internet apparaît davantage comme un outil de mobilisation que de conviction. Pour suivre un compte politique, il faut le liker ou le follower, une forme d'adhésion. Ce qui fait que sur Twitter, comme dans un meeting, on ne prêche souvent que des convaincus, on mobilise sa base plus qu'on ne convainc.»

C.D.

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