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Hollande est-il vraiment si dangereux?

Slate.fr, mis à jour le 07.03.2012 à 12 h 47

VU D'ALLEMAGNE. C'est la question que se pose le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung, qui estime que celui que l'on surnommait «Flamby» il y a encore quelques semaines est devenu un spectre, et fait à présent trembler la moitié de l'Europe. Les Français riches font soi-disant leurs valises afin de prendre la fuite en cas de victoire du candidat socialiste, ironise le journal, évoquant ses déclarations récentes sur la réforme des retraites et les euro-obligations, ainsi que sa menace d'annuler le paquet fiscal.

Mais faut-il vraiment avoir peur de Hollande? Et est-ce intelligent de la part des gouvernements européens conservateurs de vouloir le duper? Le candidat passe à Berlin pour être le prototype du socialiste inexpérimenté, impertinent et à l'idéologie poussiéreuse. Une erreur de jugement, selon le quotidien, qui estime qu'il ne faut pas attaquer le président potentiel à partir des déclarations du candidat, et que Hollande est en vérité un social-démocrate pragmatique qui tient beaucoup à l'Europe.

Une fois élu, Hollande devrait reconnaître prestement que la crise économique et la dette ne laissent pas de place aux utopies de gauche.

L'hebdomadaire Zeit s'amusait aussi récemment de cette comparaison avec le dessert caramélisé, et du dénigrement dont souffrait Hollande au sein même de son parti, parce que ce dernier ne se prend lui-même pas pour quelqu'un d'extraordinaire. Peut-être que les Français préfèrent désormais un ennuyeux qui parle moins de lui-même, mais qui a quelque chose dans le ventre. Et ça, personne ne peut le nier, note le journal, qui fait le compte des écoles prestigieuses par lesquelles est passé le candidat socialiste: Sciences Po, HEC, ENA.

Le journal trouve également positive la volonté d'Hollande de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim et de réduire la part de l'électricité d'origine nucléaire de 75% à 50%, l'Allemagne ayant elle-même fermé 8 de ses 17 réacteurs l'an dernier.

Même si la chancelière, Angela Merkel, considère ce candidat comme redoutable, ce n'est pas intelligent de l'irriter, estime le Süddeutsche Zeitung. La probabilité est grande que les Français élisent Hollande. Elle devra donc ensuite faire avec lui. Merkel ne doit bien sûr pas cacher sa préférence pour Sarkozy, ni dérouler un tapis rouge pour Hollande. Il suffirait de le recevoir pour un entretien, comme elle l'avait fait avec Royal en 2007, sans cela elle va seulement réussir à provoquer l'esprit rebelle gaulois.

Photo: François Hollande avant l'émission Parole de Candidat. REUTERS/Fred Dufour/Pool

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