Société

Calendrier de l'Avent des podcasts: féministes de mères en filles

Temps de lecture : 2 min

[J-22] Slate.fr propose un calendrier de l'Avent 100% podcasts avec des programmes qui ont marqué l'année 2020. Aujourd'hui, une série d'entretiens de filles et petites-filles d'icônes féministes.

Callisto McNulty est la petite-fille de la réalisatrice Carole Roussopoulos. | Captures d'écran via YouTube 
Callisto McNulty est la petite-fille de la réalisatrice Carole Roussopoulos. | Captures d'écran via YouTube 

«Comment je fais pour être à la hauteur de ma grand-mère et de ma mère? [Rires] Ça se construit encore…» Cette question de Callisto McNulty, petite-fille de la réalisatrice et militante Carole Roussopoulos et elle-même réalisatrice de documentaires (Delphine et Carole, insoumuses), toutes les femmes interrogées dans le podcast Filles de lutte se la posent.

Filles et petites-filles de grandes figures du féminisme moderne, elles ont grandi dans l'ombre de leurs aînées, en même temps qu'elles se sont nourries de leur combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Elles prennent la parole dans un podcast pour évoquer leur expérience de la transmission du militantisme.

Héritières

L'idée du podcast a germé dans l'esprit de Merry Royer et Ilham Maad à l'automne 2019: on raconte déjà l'histoire des Simone Veil et autres Monique Wittig, mais pourquoi ne pas raconter ce qu'elles appellent la «face B du féminisme», la construction de leur identité en tant que filles et petites-filles des féministes des années 1970, comme elles?

Un an plus tard, Filles de lutte voit le jour chez Spotify pour une saison de dix épisodes, des entretiens d'une vingtaine de minutes autour de la transmission, écoutables même sans abonnement à la plateforme de streaming musical.

Maud Halimi, Sylvie Condé, Blandine de Caunes, Marianne Bouillon-Baker...

À leur micro se succèdent des femmes dont le nom de famille figure dans les annales du féminisme: Maud Halimi (petite-fille de l'avocate Gisèle Halimi​), ​Sylvie Condé (fille de l'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé), Blandine de Caunes (fille de la journaliste et autrice Benoîte Groult) ou encore ​Marianne Bouillon-Baker (fille adoptive de la chanteuse Joséphine Baker). Un casting trois étoiles qui fait découvrir une multitude d'expériences et d'histoires mère-fille.

Gisèle Halimi (en blanc) lors d'une manifestation pour l'égalité entre les femmes et les hommes, en novembre 2004. | Jean Ayissi / AFP

Distiller le féminisme

Une à une, elles évoquent la façon dont elles se sont approprié ou non le militantisme de leur mère. «Je ne peux pas dire que je suis militante. Pour moi, une militante c'est quelqu'un qui va à des manifestations, qui a un engagement politique public à travers un groupe. Peut-être que c'est une image un peu fabriquée que j'ai. [...] En revanche je suis engagée dans ma vie quotidienne, je crois», confie par exemple la réalisatrice Callisto McNulty dans l'épisode publié le 1er décembre.

D'autres, comme Françoise Vergès (fille de Laurence Derouin, militante réunionnaise) ont trouvé dans le combat de leur mère un terreau propice à l'émergence de leurs propres luttes.

En publiant ces interviews, Merry Royer et Ilham Maad remplissent deux objectifs: celui d'aborder publiquement la question de la transmission du militantisme d'une génération à l'autre, mais aussi celui de dessiner en filigrane une petite histoire du féminisme moderne et de ses multiples facettes.

Une façon maligne d'intéresser un public pas ou peu éveillé aux questions féministes, tout en ajoutant une pierre nouvelle à l'écriture de l'histoire des femmes.

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