Boire & mangerSlatissime

Pour Noël, le whisky se fait coffret

Christine Lambert, mis à jour le 09.12.2013 à 10 h 44

Chaque année à la saison du chapon farci, le Père Noël se creuse la tête pour emballer ses bouteilles. Voici les coffrets les plus originaux à glisser sous le sapin.

Charlotte von der Lancken, Sofia Lagerkvist et Anna Lindgren du collectif de design suédois Front et leur création pour Ballantine's. ©FRONT

Charlotte von der Lancken, Sofia Lagerkvist et Anna Lindgren du collectif de design suédois Front et leur création pour Ballantine's. ©FRONT

Les coffrets collector et les séries limitées s’invitent en grappes sous le sapin en cette période choyée par les distilleries: près de 40% des ventes de whisky se font dans les 3 mois qui précèdent les fêtes de fin d’année.

A tel point que certaines marques en font un exercice de style –pas toujours abordable–, et qu’elles réservent le plus souvent à leurs blockbusters.

Nous vous présentons ici les plus originaux, les plus inventifs, ceux que vous pouvez espérer recevoir ou offrir si le Père Noël est de bon poil, s’il n’a pas tourné trois heures dans le quartier pour garer les rennes, si ses poches ne sont pas trouées, si, si, si...

Avec pour chacun, en bonus, une seconde option cadeau, moins coûteuse mais qui vaut bien plus qu’un lot de consolation. 

Ballantine’s by Front

C’est devenu un rituel très attendu des collectionneurs. En chaque fin année, Ballantine’s signe un très bel objet –en général hors de prix– qui réinvente ses whiskies pour la fête, et dont on se demande à chaque fois comment le suivant pourra être à la hauteur de ces prédécesseurs.

En 2014, le collectif de designers suédois Front a relevé le défi en imaginant, pour le 12 ans d’âge, une sculpture où le verre, le cuivre et le bois se culbutent dans un équilibre parfait, et se déconstruisent en plusieurs éléments pour servir. La définition même d’un blend abouti. 375 €.

Et sinon: Avec un moindre budget, on succombera à la superbe série limitée 17 ans Signature Miltonduff Edition, qui met l’accent sur l’un des 4 malts cardinaux composant le cœur du Ballantine’s.

Un blended scotch qui fond sur la langue comme un dessert liquide d’une complexité qui appelle la gorgée suivante. 70 €.

Glenfiddich Water of Life Ceremony

Glenfiddich, autre maître du coffret collector, s’associe au parfumeur Guillaume Flavigny pour offrir une déconstruction osée de son 15 ans Distillery Edition. Le whisky, un flacon d’eau du Speyside et une pipette (pour éviter l’overdose accidentelle d’H2O, liquide hautement explosif dans le scotch) nous entraînent dans une expérience olfactive et gustative à mesure qu’on dilue de quelques gouttes le single malt dont les arômes évoluent en caméléon.

Le coffre en bois laqué massif (2,1 kg vide et à sec!) armé de métal gravé fait forte impression, mais on espérait secrètement que ce n’était pas seulement de l’eau qui l’accompagnait vu le prix de l’ensemble. En fait, si. 150 €.

Et sinon: Le Glenfiddich 15 ans Distillery Edition tout nu (50 €), au nez floral et poivré, à la bouche fruitée épicée impétueuse (51° tout de même). Et certains cavistes ont encore quelques coffrets célébrant les 125 ans de la distillerie, avec ses emblématiques single malts de 12, 15 et 18 ans en 20 cl. 54 €.

Nikka Box

C’est en apparence une sage boîte noire posée sur un plateau laqué, qui soudain se déplie, se replie, se déploie pour se plier avec duplicité à nos désirs, révélant 6 flacons incontournables, comme autant de visages de la distillerie Nikka (Nikka From the Barrel, Pure Malt Black, Coffey Grain, Miyagikyo 12 ans, Yoichi 15 ans et Taketsuru 21 ans), et deux verres à dégustation pour s’y plonger avec volupté.

Un origami de toute beauté –dont le coût dépasse la somme des bouteilles. Qui a dit que la beauté n’avait pas de prix? 595 €.

Et sinon: Une bouteille au choix à tirer au hasard des plis de la Nikka Box (de 36 à 150 €) ou, si le Père Noël est magnanime, la nouvelle édition limitée du Single Cask Coffey Grain 1999: un whisky de grain structuré par le maïs, une bourrasque (à 57°) lumineuse et fraîche. Un enchantement. 145 €.

Aberlour Signature

Expression même du luxe feutré, de l’élégance gentry, cette malle à secrets tirée à 15 exemplaires numérotés réunit les savoir-faire d’artisans qui ont travaillé le cuir, la gravure, la mine à plomb... et le malt.

Trois single malts majeurs, pas seulement en raison de leur âge: un single cask vieilli en ex-fûts de bourbon, un autre affiné dans d’anciens sherry butts et le troisième, un assemblage ayant fait l’objet d’une double maturation. Trois facettes qui réfléchissent toute la palette aromatique d’Aberlour. Un concentré de plaisir multisensoriel, que nous nous contenterons pour la plupart... de regarder. Avec envie. 2.500 €.

Et sinon: L’Aberlour 12 ans dans son édition «Non chill-filtered» 48%, c’est à dire non filtrée à froid. Un magnifique assemblage de single malts vieilli en fûts de bourbon et de sherry au nez doux et frais et à la bouche passionnément intense, qui s’éternise sur les fruits secs. 40 € environ.

Highland Park Loki

Il reste encore quelques flacons de ce Loki lancé au printemps sur son Drakkar de bois brut, et ce serait dommage de laisser passer la dernière occasion de goûter le second volume de la collection Valhalla, inspirée des divinités vikings, après l’immense succès de Thor en 2012.

Si les rois nordiques avaient pu imaginer ce qui sortirait un jour des alambics d’Highland Park, la distillerie écossaise la plus proche des côtes scandinaves, parions qu’ils n’auraient jamais rebroussé chemin. Passons.

Loki est un assemblage de single malts vieillis en fûts de sherry et de quelques fûts marqués par la tourbe, 15 ans d’âge, embouteillé à 48%, à la bouche pleine d’agrumes épicés dévorées sous les embruns, qui laisse en finale un souvenir de fumée. Valhalla désigne le paradis chez les Vikings: on sait à présent pourquoi. 195 €.

Et sinon: Même en fermant les yeux et en tendant la main au hasard, on ne se trompe jamais en choisissant un Highland Park. Mais... Petit papa noël, quand tu descendras du ciel, avec tes bouteilles par milliers... peux-tu choisir le 18 ans, parfait équilibre de douceur et de fumée? 95 €.

Yamazaki x Bill Amberg

Dans la maison Suntory, on élève le plaisir d’offrir au rang d’art, dans la plus belle tradition japonaise. Pour emmailloter le Yamazaki 18 ans, le designer londonien Bill Amberg, un amoureux du Japon et du whisky dont les gens de goût se disputent les sacs et accessoires, a structuré un étui de peau à la simplicité qui fait écho au single malt.

Une unique pièce de cuir noble pliée en deux et imprimée d’une trace de bois sert d’écrin à la robe bronze cuivrée de ce jus aux arômes intenses de fruits d’automne. Sobre. Beau, tout simplement. 365 €.

Et sinon: Parmi la collection de single malts éditée cet automne par Suntory, on se ruera sur l’un des deux Hakushu, car les éditions limitées de cette distillerie restent rares (il n’y en a pas eu en 2012) et le nombre de bouteilles, confidentiel (moins de 250 pour la France). Avec une préférence pour le Heavily Peated vieilli en fûts de bourbon et embouteillé à 48%. Fumé et minéral, il fait jaillir la tourbe en bouche. 118€.

Johnnie Walker Blue Label x Alfred Dunhill

Deux gentlemen signent en deux temps une luxueuse collaboration qui invite au voyage: une malle de cuir à l’intérieur lamellé de bouleau comprenant verres, entonnoir, pince à glace et une bouteille gravée de Blue Label –le nécessaire pour partir en week-end, n’est-ce pas. Mais nous ne nous attarderons pas sur ce cadeau exceptionnel dont 5 exemplaires seulement circulent en France (7.000 € pièce).

L’autre coffret, dans des matériaux identiques, se concentre sur l’essentiel: le scotch qui a redéfini les contours du blend de luxe. Soyeux, profond comme un loch d’Ecosse, cet assemblage de matières rares à la signature fumée de Port Ellen (une distillerie aujourd’hui fermée, qui siège au panthéon des anges) demande un palais un peu affirmé pour en apprécier les subtilités. Et là... Fermez les yeux. Nous vous souhaitons bon voyage. 195 €.

Et sinon: Il faudra un jour enquêter sur les raisons qui font du Black Label 12 ans la bouteille préférée d’un grand nombre de spécialistes du whisky quand ils souhaitent se faire gentiment plaisir. Plus d’un siècle que le succès dure, et c’est sans doute la meilleure explication. 30 €.

Christine Lambert

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