Le bonheur est dans le jardin

Minuscule en ville ou plus important à la campagne, le jardin est source de bonheur, de décontraction et de convivialité. De plus en plus d’hommes en vue découvrent ce plaisir pas si simple, auquel nous initie le paysagiste Pierre Alexandre Risser, qui publie ce mois-ci Le Jardin Plaisir aux éditions de la Martinière.

Pierre Alexandre Risser, en tant que paysagiste, s’est fait une spécialité des jardins de ville. Le sien à la campagne est un univers épicurien avec un bassin de natation naturel, cabane dans les arbres et potager.

Combien citent ces quelques minutes grappillées parmi ces roses en rentrant du bureau, ce tour de jardin matinal, un café à la main pour constater l’avance de la nature comme essentielle à leur équilibre.

Sans aller jusqu’à prendre Confucius au pied de la lettre « la vie commence, le jour où l’on commence un jardin », on aurait tort de passer à côté des plaisirs que procurent les jardins. Plaisir que Pierre Alexandre Risser, à la fois paysagiste renommé – sa société Horticulture et Jardin est une des spécialistes reconnue du jardin de ville – et jardiniers amoureux qui ne peut vivre sans passer quelques instants au moins chaque jour auprès de ses plantes, détaille parfaitement, le jardin est un lieu de vie, un espace de création personnelle, une activité qui détend mieux qu’aucune autre. Avec talent et passion, il nous initie aux plaisirs insoupçonnés pour le néophyte, mais qu’une fois découverts deviennent  indispensables. De l’agencement à l’entretien, oui à l’entretien vous avez bien lu, tout est plaisir dans le jardin. Créer son jardin, composer les massifs, rechercher les plantes les plus belles et les plus adaptées, courir les manifestations – ne manquez pas Jardins, Jardin, aux Tuileries*. Ensuite planter, tailler, ratisser, regarder pousser, récolter des fraises pour les enfants, des fleurs pour les femmes, s’émerveiller au printemps d’une première pousse, d’un arbre en fleur, cueillir une pivoine encore humide de rosée… Respirer l’air plus pur, plus frais, façonner au fil des ans son petit monde pour y couler des moments magiques, c’est tout cela le jardin et plus encore. Quand on fait le choix de faire appel à un paysagiste, le dialogue, l’accès à la connaissance des végétaux évite bien des erreurs, pour les autres on tâtonne plus – on ne devient pas jardinier en un jour – c’est intéressant aussi. Le jardin, c’est l’école de la patience, du respect de la vie. « Aimez votre jardin, dit Pierre Alexandre, il vous le rendra au centuple ». Aucune activité ne déstresse autant, que vous soyez comédien comme Jean-François Morel, extraordinaire Bourgeois Gentilhomme, grand patron comme Antoine Fievet, ou Patrick Dupuy, compositeur comme Frédéric Porte, vous en témoignerez avec une sincérité touchante. Combien citent ces quelques minutes grappillées parmi ces roses en rentrant du bureau, ce tour de jardin matinal, un café à la main pour constater l’avance de la nature comme essentielle à leur équilibre. Cette impatience du week-end pour pouvoir y consacrer quelques heures pleinement, y recevoir ses amis, vivre dehors tout en étant chez soi. Servir les meilleurs Mojito du monde, forcément la menthe pousse là, à côté de la terrasse, faire goûter ses pommes à la saison et la jouer chic suranné en servant du champagne avec des fraises du jardin of course. Petits plaisirs ? Pas du tout ! Des plaisirs immenses. « Il y a quelques jours, un cache-cache matinal avec un rouge-gorge – en fait, j’étais devant son nid – m’a mis de bonne humeur pour la journée », raconte un jardinier habitué des podiums ; un autre avoue avoir fait, pendant un été de sécheresse, un aller-retour à la campagne pour arroser… Quelle galère pensera le citadin, mais prendre soin, être responsable, procure des plaisirs plus profonds qu’on ne l’imagine – sacré Confucius, il avait déjà tout compris. La fréquentation des plantes peut même permettre de trouver un accord dans le couple. « Notre jardin de Boulogne, raconte Patrick Puy, permet de concilier mon besoin de nature et la volonté de ma femme d’habiter Paris. Bon, je n’y suis pas aussi heureux que sur mon tracteur au milieu des champs, mais l’odeur et laproximité des plantes me permet de supporter la ville et le stress de mon travail. »

Pierre Alexandre a une passion pour les bambous qu’il taille, effeuille pour créer les effets désirés.

En quelques années, jardiner est passé d’une activité de retraité cultivant ses patates et ses choux dans son potager à un art de vivre complet. Fini, le jardin corvée. Vive le jardin plaisir ! L’évolution des techniques permet d’éviter de se fatiguer. Ainsi, le paillage élimine le binage et le désherbage, les systèmes d’arrosage automatique goutte-à-goutte évitent le rituel fastidieux à la longue de l’arrosage tout en économisant l’eau. Le jardin de Pierre Alexandre Risser, à quelques kilomètres de Paris, est un lieu de vie, de partage, d’expression artistique et de gourmandise. Les enfants y ont une cabane et un bassin de natation naturel. Fruits et légumes y poussent à foison, permettant de recevoir les amis autour de produits frais naturels qui ont poussés sans insecticides toxiques. On redécouvre le goût et ce que l’on a planté est de toute façon meilleur que tout. Les grincheux diront « d’accord au printemps et en été, mais après… » Autre erreur. Son jardin, on en profite toute l’année. On s’y aère en s’en occupant et l’hiver autour d’un brasero, on y prendra un apéritif original fort agréable, à moins qu’on y fasse griller des châtaignes. «›Le bien-être que l’on ressent à s’attabler dehors vaut presque tous les trésors du monde›», rappelle notre amoureux des jardins.

 

François-Jean Daehn

• *Jardins, Jardin, du 31 mai au 3 juin 2012, aux Tuileries, entrée place de la Concorde.
www. jardinsjardin.com
• Horticulture & Jardins, 5, sente des Fréculs, 95 390 Saint-Prix.

Le jardin plaisir de
Pierre-Alexandre Risser.
Photographies d’Alexandre
Petzold, éd. de La Martinière.

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