Boire & manger / Life

Dix géants de l’agroalimentaire émettent plus de gaz à effet de serre que quatre pays nordiques

Temps de lecture : 2 min

pollution!/ Agustín Ruiz via Flickr CCLicence By
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La confédération d'ONG Oxfam International s’est penchée sur les émissions de gaz à effets de serre globales (pour les matières premières agricoles, le transport, la fabrication, la réfrigération…) et les efforts concernant le climat de plusieurs géants de l’agroalimentaire. Le bilan (PDF) est inquiétant: les dix plus grosses entreprises du secteur (Associated British Foods, Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg’s, Mars, Mondelez International, Nestlé, PepsiCo et Unilever) émettent chaque année 263,7 millions de tonnes de gaz à effet de serre. C’est un peu plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis, souligne le rapport.

Si ces entreprises formaient un Etat, il serait le 25ème pollueur mondial, affirme encore Oxfam. Les deux plus mauvais élèves sont Kellogg’s et General Mills (qui en France possède Häagen-Dazs, Géant Vert et Old El Paso).

Oxfam met ainsi en garde ces grands de l’agro-industrie en expliquant notamment que lutter contre le réchauffement climatique est un enjeu économique essentiel pour eux. C'est en effet une «menace majeure» qui pèse sur leurs matières premières, sensibles aux aléas des récoltes et à la hausse des prix agricoles. Ces entreprises pourraient réduire le total de leurs émissions de 80 millions de tonnes d’ici 2020, indique encore Oxfam, soit l'équivalent du parc automobile de Los Angeles, Pékin, Londres et New York.

Et de les encourager à «faire face à l’ampleur des émissions produites par leurs chaînes d’approvisionnement, à enrayer les pratiques de déforestation et l’utilisation des terres non durables», notamment chez leurs sous-traitants agricoles. En pratique, elle appelle les entreprises à connaître et faire connaître leurs émissions, s’engager à leur réduction et «plaider pour une action ambitieuse de lutte contre le changement climatique». Beaucoup ont déjà fait des déclarations et affirmé des objectifs en ce sens (pas assez clairs et manquant de bases scientifiques, selon Oxfam) ou travaillé à la production d’une huile de palme «durable», se souciant un peu moins d'autres matières premières comme le soja ou le sucre.

Les principaux intéressés ont vite réagi. Kellogg’s explique dans le Guardian que l’entreprise travaille à «réduire de 15 à 20% d'ici 2015 les émissions de gaz à effet de serre de [ses] usines, mais aussi [sa] consommation d’eau et d’énergie». Chez General Mills, on a répondu être «très conscient des impacts du changement climatique sur l’agriculture et l’alimentation du monde» et agir en ce sens depuis plusieurs années.

Des efforts bien insuffisants pour les ONG. La directrice des campagnes d’Oxfam Royaume-Uni, Sally Copley, a déclaré au Guardian qu’«en échouant à réduire les émissions de manière adéquate, les dix géants privilégient les profits à court terme aux intérêts à long terme, les leurs aussi bien que ceux du reste du monde. Leur influence et leur richesse sont les ingrédients parfaits pour arrêter de mettre en danger leur activité et cesser d'aggraver le changement climatique».

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