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L’augmentation du CO2 dans l’atmosphère amoindrit la valeur nutritive des céréales et légumineuses

Wheat/ jayneandd via Flickr CCLicence By

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Le GIEC a déjà annoncé, fin mars, une future baisse des rendements agricoles dans le monde, à cause du changement climatique. Plus récemment, une étude réalisée par des scientifiques de l’École de Santé publique de Harvard et publiée dans la revue Nature, a conclu que «l’augmentation du CO2 menace la valeur nutritive de l'alimentation humaine», en affaiblissant la concentration de certains nutriments indispensables pour nous dans les végétaux.

C’est à dire? Les chercheurs expliquent que les carences en zinc et en fer sont déjà «un problème de santé publique mondiale, concernant 2 milliards de personnes et provoquant la perte de 63 millions d'années de vie chaque année 63 millions de décès par an liés à la malnutrition». La plupart de ces personnes mangent des céréales et des légumineuses de type C3 (une méthode d'assimilation du carbone par les végétaux, on en parlait ici) qui sont leurs principales sources de fer et de zinc.

Or, les céréales et légumineuses «en C3» (riz, blé, soja, pois...) ont des teneurs plus faibles en zinc et fer (mais aussi en protéines pour les céréales) quand elles sont cultivées dans des conditions de plus fortes concentrations de CO2, telles que prévues pour 2050. C’est donc une menace sanitaire liée au changement climatique très importante, selon les auteurs de l’étude. Mais les cultures «en C4» (maïs, sorgho, millet...) semblent être moins touchées.

Selon une dépêche AFP reprise par le site Terre-net, «les mécanismes responsables de ce phénomène restent toutefois mystérieux. Par le passé, des expériences menées en laboratoire ou sous serre avaient déjà démontré l'effet néfaste du CO2 sur les qualités nutritives des produits agricoles, mais la pertinence de résultats obtenus dans des conditions artificielles avait été critiquée. D'autres expériences réalisées en plein champ et à l'air libre grâce à des techniques d'enrichissement en CO2 (baptisées “FACE”) ne portaient pas sur un échantillon suffisamment vaste».

Cette fois-ci les résultats ont été obtenus en analysant les données recueillies sur sept sites «FACE», dans plusieurs pays, portant sur 41 variétés de céréales et légumineuses. La concentration de dioxyde de carbone sur ces sites était la même que celle annoncée pour le milieu du siècle. Par exemple, le blé cultivé dans cette plus forte concentration de CO2 contient 9,3% de zinc, 5,1% de fer et 6,3% de protéines en moins que le blé cultivé dans une atmosphère «normale». Il est donc significativement moins nutritif...

Mother Jones souligne un autre point non négligeable liant notre alimentation et le changement climatique, mis en lumière par l'Evaluation nationale sur le climat américaine: «plusieurs espèces de mauvaises herbes bénéficient plus que les cultures des températures et niveaux de CO2 plus élevés», ce qui signifie que le changement climatique pourrait aussi «accélérer la pression des mauvaises herbes sur les agriculteurs». Ce n'est pas tout: le glyphosate, herbicide commercialisé par Monsanto, perdrait de son efficacité à des niveaux plus élevés de CO2. Ce qui veut dire qu'il faudrait utiliser «des concentrations plus fortes et des épandages plus fréquents», pour le même résultat.

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