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Chelsea Manning pourrait être transférée dans une prison civile pour suivre un traitement hormonal

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 15.05.2014 à 16 h 57

Bradley Manning est escorté devant le tribunal militaire de Fort Meade dans le Maryland, le 18 juillet 2013. REUTERS/Jose Luis Magana

Bradley Manning est escorté devant le tribunal militaire de Fort Meade dans le Maryland, le 18 juillet 2013. REUTERS/Jose Luis Magana

A l'origine de l'affaire Wikileaks, Chelsea Manning, anciennement connue sous le prénom de Bradley avant d'annoncer sa décision de changer de sexe, a été condamnée à 35 ans de prison en 2013 pour avoir fait fuiter des centaines de milliers de documents militaires classifiés. Le New York Times écrit mercredi 14 mai que Manning pourrait être transférée de la prison militaire où elle se trouve actuellement à une prison civile pour recevoir un traitement dans le cadre de son changement de sexe, qui implique notamment une thérapie hormonale.

Le porte-parole du Pentagone a affirmé lors d’un voyage en Arabie saoudite que le secrétaire à la Défense américain Chuck Hagel avait approuvé une requête pour «évaluer les options d’un traitement potentiel pour les détenus diagnostiqués avec une dysphorie du genre» –aussi dénommée incongruence de genre et désignant l’insatisfaction d’un individu vis-à-vis de son sexe de naissance. Le département de la Défense n'offre pas un tel traitement et d'un autre côté, Manning ne peut être renvoyée de l'armée pour purger sa peine de 35 ans.

Le porte-parole a précisé qu'aucune décision n'avait pour le moment été prise. La doctrine politiquement correcte du Pentagone est que l’interdiction des transsexuels dans l’armée américaine doit être «continuellement revue», ce qui ne veut au final pas dire grand-chose. L’armée américaine peut exclure un individu transsexuel ou transgenre, le département de la Défense considérant qu'il s'agit d'une «paraphilie», terme qui désigne l’ensemble des préférences sexuelles jugées inadaptées ou anormales comme le fétichisme, l’exhibitionnisme ou encore le frotteurisme.

Le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), la bible des psychiatres américains souvent critiquée pour ses choix de définitions, parle désormais de «dysphorie de genre» dans sa cinquième version (2013)  plutôt que de «trouble de l’identité de genre».

«En le séparant des dysfonctionnements et des paraphilies, expliquait Psychiatric News en 2013, les membres du groupe de travail ont dit qu’ils espéraient diminuer la stigmatisation attachée à ce diagnostic unique utilisé par les professionnels de la santé mentale mais dont le traitement implique souvent des endocrinologues, des chirurgiens et d’autres professionnels.»

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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