Science & santéLife

Une nouvelle étude confirme le rôle des pesticides dans la mortalité des abeilles

Camille Jourdan, mis à jour le 15.05.2014 à 12 h 49

Une abeille / Donald Windley via Flickr CC License By

Une abeille / Donald Windley via Flickr CC License By

Si certains en doutaient encore, cette nouvelle étude viendra peut-être les convaincre: la mortalité accrue des abeilles serait bel et bien liée à l’utilisation de pesticides, et plus particulièrement de néonicotinoïdes. Le site Io9 rapporte les résultats d’une expérience menée par le biologiste Chensheng Lu, de l’université d’Harvard, publiés dans le Bulletin of insectology.

Depuis plusieurs années, les abeilles, principales pollinisatrices des végétaux dans le monde, souffrent de ce que les scientifiques appellent le CCD (Colony Collapse Disorder), ou en français, syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles. Pour résumer, de plus en plus de ruches se vident d’années en années: soit les abeilles y meurent, soit elles n’y retournent pas après l’hiver.

Les pesticides sont mis en cause par certaines études scientifiques. Chensheng Lu vient donc renforcer une fois de plus cette thèse. Le biologiste a suivi 18 colonies d’abeilles entre octobre 2012 et avril 2013. Douze d’entre elles ont été traitées avec des néonicotinoïdes, les six autres ont servi d’échantillon de contrôle. A l’arrivée de l’hiver, toutes les ruches ont eu tendance à se vider, en raison du froid. Mais en janvier, l’échantillon test a vu son nombre d'abeilles augmenter, tandis que les deux autres groupes ont continué de perdre en population. En avril, la moitié des ruches traitées se sont retrouvées vides. En revanche, une seule des six non traitées comptait des abeilles mortes à l’intérieur de la ruche.

Chensheng en conclut que les néonicotinoïdes affectent les abeilles. La raison? Ces pesticides semblent agir sur les neurotransmetteurs de leur cerveau, ce qui les empêche entre autres de se repérer:

«Cette observation suggère que l’altération des fonctions neurologiques des abeilles, en particulier leur mémoire, leurs fonctions cognitives, ou encore leur comportement, est dû à leur exposition chronique aux néonicotinoïdes.»

L’Université de Taïwan arrivait mi-avril à la même conclusion.

En France, et dans l’Union européenne, la clothianidine, l’imidaclopride et la thiaméthoxame, trois des néonicotinoïdes, sont interdites depuis décembre 2013, sur une majorité de cultures, détaille le gouvernement de l’agriculture.

Mais certains scientifiques, rappellent Io9, continuent de douter de l’impact de ces pesticides sur le CCD. Ils préfèrent mettre en cause des parasites qui contamineraient les abeilles: le varroa et le noséma. Une étude financée par l’Union européenne, «Epilobee», publiée en avril dernier, s’est focalisée sur ces parasites. Conclusion: certes, ils ont une responsabilité dans la forte mortalité des abeilles en Europe, mais ils ne sont pas les seuls coupables. Loin de là.

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte