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Voilà pourquoi vous cliquez sur «Favori» sur Twitter (et c'est pas toujours joli joli)

Temps de lecture : 2 min

Sur Twitter, cocher la petite étoile à droite des traditionnelles flèches pour répondre ou retweeter un message («favoriser») n'est pas si anodin et recouvre en fait bien des réalités. «Si vous pensez qu'un "fav" [pour favori, NDLR] sur Twitter revient à faire un like sur Facebook, resongez-y», avançait le Time en février 2014, ce que confirme désormais une étude de chercheurs allemands et anglais en science de l'information:

«[Les] motivations poussant à mettre en favori des tweets sont extrêmement hétérogènes et sont variables entre les utilisateurs comme pour chacun d'entre eux.»

Menée sur 606 utilisateurs de Twitter, «pour la plupart depuis longtemps», précise Buzzfeed, cette étude indique ainsi que le fait d'accrocher une petite étoile à un tweet n'est pas seulement suscité par l'adhésion au message véhiculé ou à la personne qui l'émet –même si cet usage se vérifie encore.

Cette action peut être «égocentrique» et concerner des tweets qui mentionnent ou évoquent directement ou indirectement l'utilisateur, ou qui sont jugés par la personne qui le place en favori «comme quelque chose qu'elle aurait pu dire elle-même», résume The Daily Dot.

Il y a aussi une fonction plus fonctionnelle du fav, qui correspond alors à un pense-bête d'autant plus utile que Twitter ne permet pas de mener des recherches poussées sur les messages échangés, notent les chercheurs. Vous favorisez pour retrouver le tweet plus tard.

Sans oublier bien sûr le fav «accidentel»: probable reliquat du caractère un poil ésotérique de la culture Twitter, que regrettaient encore récemment ses dirigeants, seuls «65% des participants [de l'étude] étaient conscients de l'existence de cette fonction de mise en favori», rappelle Buzzfeed.

Un petit quelque chose manque néanmoins cruellement à cette typologie du fav sur Twitter: le «hate-fav» ou l'utilisation ironique voire carrément vacharde et pas franchement bienveillante de la petite étoile.

Cette réappropriation très second degré de la fonction, qui permet de signifier à un utilisateur indélicat que son comportement est observé et recensé, témoigne de la culture sarcastique des échanges sur Internet. Sarcasme qui donne carrément des boutons aux marques qui scrutent chacun de nos commentaires, notamment sur Twitter, pour tenter de dégager une stratégie marketing, comme le résumait un article du Wall Street Journal en 2012 sur la «science étrange de la traduction du sarcasme en ligne»:

«[C'est] un obstacle pour les chercheurs et les spécialistes en marketing qui créent des programmes informatiques pour analyser les importantes réserves de bavardages en ligne pour mesurer l’opinion publique sur des produits ou des politiciens.»

Interrogés par The Daily Dot sur l'absence du fav sarcastique dans leur étude, les chercheurs ont répondu qu'aucun participant n'avait évoqué «le "hate-fav" ou le fait qu'un geste agressif joue un rôle» dans le fait de mettre en favori. Alors comme ça, on n'assume pas?

A.F.

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