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64 pays étiquettent leurs produits OGM. Pas les États-Unis

Camille Jourdan, mis à jour le 14.05.2014 à 11 h 38

Maïs / Amanda via Flickr CC License By

Maïs / Amanda via Flickr CC License By

Ingurgitez-vous des OGM? Sachez que si c’est le cas, vous avez moyen de le savoir : la France fait partie des 64 pays dans le monde qui impose un étiquetage des produits alimentaires qui contiennent des organismes génétiquement modifiés. Policy Mic propose une carte qui répertorie les différentes législations sur ce point à travers le monde:

Carte de Policy Mic. Cliquez pour l'agrandir

Parmi les 64 pays qui exigent l’inscription «avec OGM» sur les produits concernés figurent les 28 de l’Union Européenne. Mais attention: les seules traces d’OGM n’obligent pas une telle réglementation. L’étiquette doit être apposée si le seuil d’OGM ou de dérivés dans chaque ingrédient du produit dépassent 0,9%. D’autres pays ont les mêmes exigences, comme la Turquie, l’Arabie Saoudite, l’Australie, la Russie ou le Kazakhstan.

D’autres législations, plus souples, imposent l’étiquetage «OGM» si le produit intégral contient plus de 1% d’OGM. C’est le cas de la Chine et du Brésil. Moins rigides encore, celles du Pérou, de l’Equateur ou de l’Inde, où seules quelques denrées sont labellisées «OGM».

Mais les plus laxistes à ce niveau-là demeurent, entre autres, l’Amérique du Nord, le Mexique ou encore l’Argentine. Un paradoxe, puisqu’à l’inverse de l’Union Européenne, qui n’autorise la culture que d’une seule espèce de maïs sur ses terres (le MON810 de Monsantos, interdit en France), les Etats-Unis sont les plus gros producteurs d’OGM, comme le rappelle Policy Mic:

«Plus de 88% du maïs aux États-Unis est transgénique, tout comme 93% du soja, et 94% du coton. D’autres céréales sont probablement des OGM, telles que les betteraves à sucre (plus de 95%). Et l’on estime que 60 à 75% des aliments transformés américains contiennent des OGM.»

Face à cette invasion d’organismes génétiquement modifiés, 93% des Américains se disent favorables à l’étiquetage des produits qui en contiennent, selon un sondage publié dans le New York Times en 2013.

Mais les industries agroalimentaires et agrochimiques de la première puissance mondiale ne partagent pas cet avis. Regroupées en coalition, c’est en véritable lobby qu’elles agissent pour faire pression contre de telles mesures, pourtant proposées par les Etats. Si ces entreprises ne s’affichent pas totalement contre l’étiquetage, elles ont une vision très restreinte de cette obligation, comme le rapporte l’AFP:

«Il n'y a aucune raison d'imposer un étiquetage pour tous les produits OMG jugés sûrs.»

Pour elles, le label «OGM» ne devrait apparaît que si le produit «pose un risque pour le consommateur». Un raisonnement qui conduit à discréditer les OGM, de l'aveu même de certains de leurs partisans, tels que l'auteur et consultant David Ropeik, cité par Policy Mic:

«Si les entreprises soutenaient l’étiquetage, cela reviendrait à affirmer: “Il n’y a aucun risque, nous n’avons rien à cacher”»

Une autre voix en faveur des OGM, Ramez Naam, est convaincu pour sa part qu'en combattant ces mesures, les industries agroalimentaires ont tout à y perdre:

«Tout ce que nous faisons, c’est engendrer davantage de crainte et de paranoïa envers la technologie. Nous persuadons ceux qui au départ n’ont pas d’avis sur la question des OGM que nous avons quelque chose à cacher. Sinon, pourquoi on se battrait autant pour empêcher l’étiquetage?»

En effet, l’AFP rappelle que les «sociétés agroalimentaires ont dépensé près de 70 millions de dollars en Californie et dans l’Oregon pour faire échouer des projets de loi rendant obligatoire l’étiquetage.»

C.J.

Camille Jourdan
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Journaliste
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