C'est dans l'actuLife

Un coup de pied dans les testicules? Voilà pourquoi ça fait mal, Jay-Z

Aude Deraedt, mis à jour le 14.05.2014 à 12 h 23

Le rapeur, victime de coups de pieds de sa belle-sœur, ressentira sûrement une douleur durant plusieurs jours, mais non, il ne risque pas d'en mourir. Pas plus que vous.

Le rapeur et producteur américain Jay-Z s’est fait molester lundi dans un ascenseur par sa belle-sœur Solange Knowles (chanteuse, elle aussi, comme Beyoncé). La jeune femme n’a pas lésiné sur les coups de pieds, visant à plusieurs reprises le bas-ventre de Jay-Z, comme on peut le voir sur la vidéo diffusée par le site people TMZ. Mais qu’est-ce qui se passe, au juste, quand on reçoit un coup dans les testicules?

Une douleur atroce, oui, mais pas seulement.

Les coups bas portés aux parties génitales des hommes sont souvent placés au même niveau que les accouchements sur l’échelle de la douleur. Pourtant, lorsque les hommes sont victimes d’une attaque à l’entre-jambe, il leur arrive souvent de se tenir le bas du ventre, plutôt que leurs bijoux de famille. Et il n’y a rien de pudique là-dedans. Car en réalité, la douleur ne se situe pas sur un seul point. Elle se disperse et se transforme, en passant par des étapes telles que la nausée, les maux de tête ou encore la sudation. Les effets de ce geste peuvent durer jusqu’à plusieurs jours, selon la violence de la frappe. Une douleur dissuasive, ayant pour but, sans aucun doute, de rappeler aux messieurs à quel point leur appareil reproducteur a de la valeur.

D’abord, une douleur immédiate et atroce

En plus d’être peu protégés, les testicules sont une zone hyper-innervée. De nombreux tissus nerveux les relient à la colonne vertébrale et au cerveau, ce qui les rend plus sensibles que le reste du corps. Alors forcément, ils deviennent une cible facile, quand on veut mettre à terre un homme. Une pression un peu trop forte suffit pour qu’un signal nerveux soit envoyé au cortex somatosensoriel grâce à la substance P, le principal transmetteur de la douleur dans la möelle épiniaire.

La douleur est immédiate et irradiante. Elle dépasse d'ailleurs la zone testiculaire et se propage dans le bas du ventre. Un rayonnement qui s'explique par un phénomène neurologique: les nerfs situés dans les testicules, à l'instar de ceux du foie qui sont réliés à l'épaule droite, n’innervent pas qu’une seule région.

La douleur que cela entraîne ne ressemble ni à une brûlure, ni à une inflammation. Mais aussi inqualifiable soit-elle, tout le monde s'accorde à dire qu'elle est rapide et envahissante. Il suffit de quelques millièmes de secondes pour la ressentir. Et son intensité, pourtant forte au départ, ne cesse d’augmenter, par vagues.

Surviennent ensuite les nausées

Lorsqu'enfin la douleur s'estompe, une nouvelle sensation apparaît, avec une légère envie de vomissement. C’est la nausée. Le réflexe est naturel. Lorsque la violence du geste est trop grande, ces messieurs peuvent même perdre connaissance, ou se retrouver dans un état proche de l’évanouissement. Bien évidemment, tout cela varie d’une personne à l’autre, et en fonction de la force de la frappe.

Dans le même temps, des gouttes de sueur perlent le front. C’est une réaction vagale, qui est donc liée au nerf vague. Ce dernier envoie notamment des informations sur la fréquence cardiaque. Quelques larmes peuvent également se glisser sous les yeux. Mais il ne faut pas y voir de la sensibilité ou de la colère. Il s’agit d’un simple réflexe, commun à chaque douleur.

Des douleurs à durée variable

Lorsque le coup porté est vraiment trop violent, les testicules peuvent enfler. On voit alors apparaître un oedème, ou un hématome. Ce dernier peut s’étendre jusqu’au ventre. Une douleur, moins forte mais toujours persistante, peut alors apparaître au toucher. C’est ce qu’on appelle la mémoire locale. Durant plusieurs heures, ou plusieurs jours, elle laissera un souvenir du coup sournois porté à l’entre-jambe.

Mais que les hommes se rassurent: contrairement à ce que dit la légende, leurs testicules ne risquent pas d'exploser, encore moins de provoquer leur mort. Dans le pire des cas, ils devront se contenter d'une torsion testiculaire. Pas moins douloureuse que le coup en lui-même, certes, mais rien qui ne puisse envoyer un homme au cimetière.

Aude Deraedt

L'explication remercie son collègue Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, Francis Duboscq, urologue et Renato Colamarino, neurologue spécialiste de la mémoire et de la douleur.

Aude Deraedt
Aude Deraedt (37 articles)
Journaliste
urologiehommesdouleurjay-zcoup
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte