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Le jeu de go, le seul auquel l'homme est plus fort que l'ordinateur

Jeu de go Frédéric Bisson via Flickr CC License by

Jeu de go Frédéric Bisson via Flickr CC License by

Un Français, pourtant, fait tout pour que son logiciel réussisse.

Qu’un logiciel batte le champion d’échecs Vladimir Kramnik n’étonne plus personne aujourd’hui. Le Scrabble, le tarot et même le poker ont tous leur version informatique. Et pour chacune d’entre eux, l’ordinateur est parvenu à battre des professionnels. «Mais pas au go», rappelle un article de Wired.

«C’est le seul jeu classique où les neurones dominent la technologie.»

Le go est un jeu ancestral, très proche des échecs. Pour y jouer, il suffit d’être deux, d’avoir plus de 180 pierres blanches, autant de pierres noires, un plateau quadrillé, et une bonne dose de logique. Il a longtemps été le jeu favori des mathématiciens et des physiciens. D’ailleurs, Einstein y jouait quand il était à l’université de Princeton.

Contrairement aux échecs, les pions ne se situent pas sur le plateau au départ du jeu, mais dans des bols. Et au départ, ce ne sont pas vingt déplacements que le joueur peut réaliser, mais 361 (le plateau comporte autant de cases). Ce qui au total représente 129.960 possibilités juste après le premier tour, contre 400 seulement aux échecs. Alors, forcément, ça complique la tâche des programmeurs.

«L’automatisation du niveau expert au go demeure l’une des rares énigmes non-résolues de l’intelligence artificielle, explique l’auteur de l’article, Alan Levinovitz. Aucune machine n’a jamais battu un champion humain de go –du moins sans avoir au moins commencé la partie avec une large avance.»

Lors d’un tournoi de go par ordinateur organisé au Japon en mars 2014 (UEC Cup), le Français Rémi Coulom opposait son logiciel Crazy Stone aux autres joueurs. C’est l’un des plus aboutis en la matière. Mais comme pour tous les jeux de go sur ordinateur, le programme s’est déjà bloqué dans une partie.

Les programmeurs ont encore du chemin à faire

Pourtant, les programmeurs ont commencé à travailler sur le jeu de go en même temps que sur les échecs, il y a cinquante ans. C’est seulement en 1968 qu’un génie des théories du jeu, Alfred Zobrist, parvient à créer le premier programme capable de battre un débutant.

La configuration du plateau est elle aussi un frein à la programmation de ce jeu. «Aux échecs, les règles sont claires (...), explique Alan Levinovitz. Ce qui n’est pas le cas au go», où «il n’y a pas de bon moyen d’évaluer les positions intermédiaires du jeu».

En 1979, Bruce Wilcox parvient à inventer un programme capable de battre un joueur intermédiaire. Sa méthode: découper le plateau en plus petites zones et utiliser une base de données pour générer les déplacements possibles, en appliquant une fonction hiérarchique qui permet de mieux les choisir. 

Il faudra attendre 2006 pour que cette course à la programmation trouve un nouvel élan. Cette année-là, Rémi Coulom remporte son premier tournoi grâce à Crazy Stone, mais il s'agissait d'un tournoi entre logiciels. Le grand public se désintéresse de lui. Le monde de la recherche aussi. Jusqu’à ce que quatre ans plus tard, une société japonaise, Ikeda, lui rachète la licence, et commercialise le logiciel en 2011.

Si cette année encore, le logiciel n’est pas parvenu à remporter le tournoi au Japon, il a su vaincre pour la première fois un joueur professionnel, Norimoto Yoda. Un exploit pour Rémi Coulom, mais Wired tient à rappeler que son adversaire partait avec un handicap.

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