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Le plastique qui se régénère tout seul et cicatrise: l'avenir pour nos smartphones?

Aude Deraedt, mis à jour le 12.05.2014 à 11 h 40

Un iPhone cassé. David via Flickr CC License by

Un iPhone cassé. David via Flickr CC License by

Faire tomber son smartphone ne sera bientôt plus un drame. C’est en tout cas ce qu'annonce le site Gizmag, selon qui une équipe de chercheurs américains de l’université de l’Illinois a mis au point un nouveau polymère permettant au plastique de se régénérer. Et ce, même lorsque la zone est endommagée sur plusieurs centimètres.  

Certes, les matériaux qui se régénèrent seuls ne sont pas nouveaux. Le premier métal ayant de telles facultés a été inventé durant la Seconde Guerre mondiale et appliqué à un tank, capable de réparer seul les impacts produits par les balles.

Depuis quelques années, les scientifiques se penchent sur le cas du plastique. Ils avaient d’abord mis au point un polymère capable de combler les fissures microscopiques provoquées par un impact. Mais la résine libérée par la matière n’était pas suffisante pour combler des trous de plusieurs millimètres de diamètres. Ce qui devrait désormais être possible.

Les scientifiques de l’université de l’Illinois ont publié les résultats de leur dernière recherche dans le magazine Science. Ils y expliquent que pour créer ce nouveau polymère, ils se sont inspiré des vaisseaux sanguins que contient le corps humain. Ils ont alors mis en place un système de réseaux capillaires, dans lequel circulent deux liquides différents. 

«Cette approche vasculaire permet de libérer un plus grand nombre d'agents cicatrisants, ce qui permet en retour de restaurer de plus grandes zones endommagées», affirme la professeure Nancy Sottos sur le site de l'université de l'Illinois.

Lors de l’impact, ceux-ci sont libérés et viennent combler les espaces brisés.

«Tant qu’ils sont séparés, ils s’écoulent librement, explique l’auteur de l’article publié sur Gizmag, David Szondy. Mais si le plastique est abîmé, les capilaires s’ouvrent et les liquides réagissent l’un avec l’autre pour former un gel polymère qui remplit les trous et se solidifie.»

De cette manière, l’objet est réparé, ou cicatrisé. Et s’il casse à nouveau, il aura toujours la faculté de se régénérer.

Mais il existe quelques bémols au succès de ce nouveau polymère. Si le liquide se gélifie trop rapidement, les capillaires seront bloqués, sans pour autant réparer les zones endommagées du plastique. Il nécessite également un contrôle de la température et de la vitesse d’écoulement du liquide.

Les scientifiques cherchent désormais le moyen d’adapter leur découverte à d’autres matériaux, tels que les pare-chocs de voitures.

Aude Deraedt
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Journaliste
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