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Mais pourquoi Apple dépenserait 3 milliards de dollars pour Beats?

Andréa Fradin, mis à jour le 09.05.2014 à 11 h 35

Les produits de la marque Beats envahissent les clips actuels. Ici, dans celui de We Can't Stop de Miley Cyrus

Les produits de la marque Beats envahissent les clips actuels. Ici, dans celui de We Can't Stop de Miley Cyrus

C'est LA question qui agite le ciboulot de tous les observateurs du secteur technologique. Suite à l'annonce du Financial Times, jeudi 8 mai, selon laquelle Apple serait sur le point de boucler «l'une de ses plus grandes acquisitions avec l'acquisition prévue, pour 3,2 milliards de dollars, du fabricant de casques et opérateur de streaming musical Beats», notamment créé par le rappeur Dr Dre, tout le monde se demande pourquoi diable le colosse californien se lancerait dans ce genre d'emplettes. Et force est de constater que les interprétations divergent, signes, à elles seules, de l'étrangeté d'une telle acquisition –si elle devait bien avoir lieu.

C'est d'ailleurs le point sur lequel tout le monde s'accorde: en tant que tel, cet achat n'est pas du tout du genre d'Apple. «Sous la dernière ère Steve Jobs, remarque ainsi le FT, Apple était réticent à l'idée de faire des acquisitions de grande envergure.» Mettre Beats dans son giron placerait donc la marque dans la lignée de ses éternels concurrents: Google, qui, fidèle à ses habitudes, vient par exemple de racheter Nest pour le même montant; ou Facebook, dont le rachat de WhatsApp pour quelques 19 milliards de dollars a été très commenté.

>>> À lire aussi: «Acquisitions: jouez à notre Pac-Man Google et dévorez toutes les entreprises!»

Mais au-delà de ce constat, les avis divergent du tout au tout. Il y a ceux qui se réjouissent de cette nouvelle stratégie. Slate.com note par exemple qu'en rachetant Beats, Apple pourrait règler d'un seul geste ses «deux gros problèmes» en matière de musique:

«[...] Ses écouteurs n'ont jamais été très bons [...] et de nouveaux services tels que Spotify et Pandora grignotent sa part du marché des fans de musique

Des arguments qui font carrément dire à Wired que cette idée «est la meilleure depuis l'iPad», sur un terrain, la musique, qu'Apple avait l'habitude de dominer.

Car rappelez-vous, avant l'iPad ou l'iPhone, la boîte de Steve Jobs a envahi le monde avec ses iPods, couplés à l'iTunes Store. Incontournable ces dernières années, cette plateforme s'étiole sous la percée des applications de streaming, comme le relèvent la majorité des observateurs. «Les téléchargements déclinent aux Etats-Unis, détaille encore Slate.com, qui s'appuie sur des chiffres de la RIAA, un organisme qui défend les intérêts de l'industrie du disque, quand les souscriptions aux services comme Spotify et Beats connaissent une croissance rapide, le nombre d'utilisateurs triplant même depuis 2011.»

Beats pourrait donc être une nouvelle corde indispensable à l'arc d'Apple, apportant en plus, souligne Wired, une touche de cool –les produits de la marque s'affichant un peu partout dans les clips du moment– qui fait défaut à la marque depuis la disparition de sa figure fondatrice.

Des spéculations très optimistes qui laissent Business Insider plus que sceptique:

«Pourquoi Apple achète Beats? On n'en a aucune idée. Sérieusement, on adorerait expliquer en quoi c'est une stratégie brillante, un achat parfait pour Apple, mais on est déconcerté.»

Le site va même plus loin en affirmant que cette acquisition est «tout simplement non-Apple», du fait, notamment, de la faible qualité de la marque Beats, tant concernant ses écouteurs que la plateforme de streaming lancée en janvier dernier, qui resterait loin derrière la concurrence selon lui.

De toute façon, rien ne dit que ce rachat se fera, comme le relève narquoisement Time, qui se montre tout aussi prudent. «L'hypothèse la plus sûre serait que cette idée est une chimère», avance le journaliste, qui ajoute, assassin:

«J'ai beau tourner et retourner cela dans ma tête, je n'arrive toujours pas à comprendre comment une telle fusion pourrait être brillante ou, vraiment, plus intéressante que, disons, le rachat par Procter & Gamble’s [une multinationale qui détient notamment Ariel, Febreze, Pantene et Always] de Gillette.»

A.F.

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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