Double XLife

Cosmo sur les «avantages» et «inconvénients» d'être noire: décidément mieux vaut connaître le contexte d'une photo

Cécile Chalancon, mis à jour le 04.05.2014 à 20 h 21

MISE  À JOUR: Décidément, mieux vaut connaître le contexte des images qui circulent sur Twitter. Cette fois-ci, il s'agit une photo du numéro de mai de Cosmopolitan.

Et je me suis fait prendre par les reprises et le sentiment que, oui, cela pouvait être un article «premier degré» de Cosmo. Parce que, comme on pourra le lire plus bas, ce n'est pas la première fois que la presse féminine aurait eu un problème à parler des noires. Heureusement, ce n'est pas le cas cette fois-ci.

Des lecteurs nous ont alerté (merci à ces lecteurs, c'est un des multiples avantages du web et des réseaux sociaux), il s'agit de la mise en avant d'un livre, écrit par Félicité Kindoki et Espérance Miezi, deux sœurs d'origine angolo-congolaise:

Et la page entière, pour voir le contexte: 

J'adresse donc mes excuses aux lecteurs, ainsi qu'à Cosmo. 

C.C.

Voici la suite de l'article initialement publié:

Seulement, donc, la presse féminine n'en n'aurait pas été à sa première fois. 

Il y avait eu l'article de ELLE sur la «Black fashion power», vivement critiqué à l'époque (nous étions en 2012) par Audrey Pulvar:


Le billet virulent d'Audrey Pulvar contre le... par lesinrocks

Selon Sophie Lammare-Blanpied, cet événement a été «un tournant» pour ELLE, qui depuis s’est beaucoup remis en cause, expliquait-elle à Anaïs Bordage qui a consacré sur Slate un article à la place des mannequins noires dans la presse féminine.

«Quand Audrey Pulvar nous a attaqué, Valérie Toranian était très heurtée, et elle a vraiment bougé la rédac.»

Puis le magazine Numéro, qui avait peint une mannequin blanche en noir pour un éditorial de mode intitulé «African Queen».

Dans son article Anaïs Bordage montrait que les noires sont particulièrement absentes de la presse magazine féminine:

«Selon le magazine, la proportion de mannequins noirs varie entre 0 et 6%. La grande majorité est composée de mannequins blancs, mais les asiatiques semblent être la minorité la mieux représentée, avec une moyenne de 10%.»

A la suite de la polémique sur la black fashion power, ELLE assurait que la rédaction avait réagi:

Depuis, le magazine fait l’effort de mettre des mannequins de couleur dans tous ses numéros. «C’est notre bataille ici», affirme même Sophie Lammare-Blanpied. «Si ce n’est pas la presse qui fait changer les mentalités, qui va le faire?»

Pourtant, tous les magazines ne sont pas encore du même avis. Hadrien Bal, l’assistant de production de Grazia, pense que son magazine «n’a pas vocation à éduquer les gens»:

«Nous on peut changer, mais ça va rien changer. Si on faisait de la discrimination positive, ce que nous refusons, on ne changerait pas la face des choses, parce que je reste convaincu que ce n’est pas nous qui faisons la tendance. Au niveau des vêtements oui, mais pas au niveau des mentalités.»

Cécile Chalancon

Cécile Chalancon
Cécile Chalancon (99 articles)
Editrice à Slate.fr
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