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Fast-food américains: des inégalités salariales XXL

Lucie de la Héronnière, mis à jour le 23.04.2014 à 15 h 20

California Whopper/ Joey via Flickr CCLicence By

California Whopper/ Joey via Flickr CCLicence By

En 2012 et en 2013, les employés de fast-food américains se sont mis plusieurs fois en grève, pour demander une augmentation de leurs très bas salaires, avec l’objectif d’obtenir au moins 15 dollars de l’heure. Cette semaine, le groupe Demos (un think tank travaillant sur la réduction des inégalités) publie un rapport intitulé «L’échec du fast-food: comment les disparités salariales entre PDG et salariés sapent l’industrie et l’économie toute entière».

Il en ressort qu’aux Etats-Unis, l’industrie du fast-food est le secteur où les inégalités salariales sont particulièrement fortes, poussant vers le bas toute l’hôtellerie-restauration. Selon ce rapport, le patron de Starbucks a touché au total (en comptant salaire, primes, actions, etc.) 137,8 millions de dollars (99,6 millions d’euros) en 2013, celui de YUM! (KFC, Taco Bell et Pizza Hut) 22 millions de dollars (15,8 millions d’euros), celui de Chipotle 13,8 millions de dollars (10 millions d’euros), celui de McDonalds 7,7 millions de dollars (5,6 millions d’euros)...

La rémunération moyenne des grands patrons américains de la restauration rapide est de 23,8 millions (17,2 millions d’euros) en 2013. Elle a quadruplé en valeur réelle depuis 2000. Ceci dit, cette rémunération est loin de celle du «PDG le mieux payé d’Amérique du Nord» en 2013, Mark Zuckerberg avec 2,28 milliards de dollars (1,6 milliard d’euros) en 2012. 

Pendant ce temps-là, le salaire moyen d’un employé de fast-food est de 9,09 dollars (6,6 euros) de l’heure, «soit moins de 19.000 dollars (13.726,6 euros) par an pour un travailleur à temps plein, bien que la plupart des employés de la restauration rapide ne soient pas à temps plein». Leurs salaires ont augmenté de 0,3% depuis 2000. Les raisons de cette grande disparité sont donc simples et mécaniques, selon Demos:

«L’escalade des revenus pour les PDG, et la stagnation des salaires des employés à des niveaux bas typiques de l’industrie.»

C’est le secteur où les écarts de rémunération sont les plus extrêmes, avec un rapport de 1.200 à 1 en 2012 (le dirigeant d'une grande chaîne gagne 1.200 fois plus que le travailleur de l’autre bout de la pyramide), et toujours au-dessus de 1.000 à 1 en 2013.

Pour l'hôtellerie-restauration en général, le ratio américain est de 542 à 1 en 2012, pour le commerce de détail, de 304 à 1 en 2012, pour les transports, de 96 à 1...

Ce sujet des disparités salariales a récemment fait l’objet de plusieurs mesures, notamment de transparence, aux Etats-Unis. A titre de comparaison, le ratio moyen est de 104 en France, de 67 au Japon, ou de 48 au Danemark.

Pour Demos, il est temps d'agir, car ces inégalités ont de fâcheuses conséquences économiques, au niveau national (vu la croissance du secteur, la part de ces bas salaires dans l’économie américaine devrait augmenter, et «rendre plus difficile pour les travailleurs de prendre part aux fruits de la croissance économique, comme de plus en plus de revenus sont concentrés au sommet») et pour les entreprises concernées (conflits sociaux, impact négatif sur l’image de marque, etc.). 

Lucie de la Héronnière
Lucie de la Héronnière (148 articles)
Journaliste
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