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Comment bien cirer les pompes? Au propre, comme au figuré

Grégor Brandy et Camille Jourdan, mis à jour le 18.04.2014 à 17 h 55

Cirer les pompes, c'est tout un art. Que l'on parle des chaussures ou de nos relations hiérarchiques, voire amicales.

Cirage de pompes / Carlos Van Vegas via Flickr CC License By

Cirage de pompes / Carlos Van Vegas via Flickr CC License By

Toute chaussure en cuir mérite d’être entretenue. Ce n’est pas Aquilino Morelle qui dira le contraire. Mais le cirage de pompes, c’est tout un art. Pour Olga Berluti (des chaussures Berluti), c’est même un «enchantement», d’«une sensualité extraordinaire».

Mais comment obtenir un cirage parfait? Enlever la poussière, les anciennes couches de cire, en frottant bien le talon et le bout du pied sont les premières étapes. Puis vient l’étalage de la crème, mélange entre autres à base de cires. Olivier, cordonnier à Paris, précise que cette crème, qui va «nourrir» le cuir en profondeur, doit être apposée avec une brosse.

Après la crème, la pâte. Mêmes ingrédients, mais dans des proportions différentes, explique le site de la boutique Stanislas, où travaille Olivier. Et pour l’appliquer sur le soulier, utilisez un chiffon, ou un vieux T-shirt. Tout est dans le détail!

Votre cirage est terminé. Et le glaçage alors? Olivier résume:

«Un glaçage commence là où un cirage s’arrête.»

Ou plus précisément, tout vrai cirage se termine par un glaçage.

Le principe est simple: mettre quelques gouttes d’eau (ou même de la salive) dans la boîte du cirage, sur le chiffon, ou même directement sur le cuir. Et frottez, de manière circulaire. Combien de temps, demandez-vous? Si vous voulez des chaussures qui brillent, soyez patients, prévient Olivier:

«Un excellent glaceur de souliers ne peut pas faire plus de deux paires à l’heure.»

Entretenir «30 paires de souliers de luxe» comme celles d'Aquilino Morelle demande donc du temps. Et cet entretien nécessite une vraie régularité. Olivier a même une règle:

«C’est la règle d’or de “1,2,3”: 1 jour aux pieds, 2 jours sur embouchoirs dans le placard, et un cirage tous les trois jours d’usage, soit en moyenne tous les 9 jours.»

Mais tous les cirages de pompe ne sont pas si appréciés. Etre un «cireur de pompes», ou un arriviste n’est pas forcément bien vu.

Pourtant, selon Corinne Maier, qui a publié Le Petit Manuel du Parfait Arriviste en 2012, si l’on veut survivre, il faut l’être, arriviste. Et pratiquer le cirage de pompes avec assiduité.

«Certaines personnes ne le font pas, bien sûr. Mais c’est cher payé. On aura moins de succès social, moins d’occasions de réussite. La situation va devenir plus difficile.»

Etre arriviste, ce n’est pas simplement lécher les bottes de son patron. Bien au contraire.

«On l’est partout. Avec ses voisins, ses partenaires... On est dans une compétition sociale et générale. L’être avec ses amis est très important. Ce sont potentiellement des concurrents.»

Alors pour tous ceux qui ne se seraient pas encore reconnus (ou qui feraient semblant de ne pas se reconnaître), voici quelques conseils:

«Tout d’abord, il faut renoncer à être authentique. Ensuite, il faut chercher à se faire valoir, se faire mousser. On peut toujours aller plus loin, il n’y a pas de limite. La faute, ce n’est pas d’être arriviste, mais de montrer qu’on l’est. Et le truc assez drôle, c’est de retravailler sa biographie, la rendre intéressante. Il faut enjoliver la réalité pour avoir toujours une histoire intéressante à raconter.»

Une certaine idée du storytelling.

Grégor Brandy et Camille Jourdan

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