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Plus fort que les Google Glass, les lunettes qui reproduisent les émotions

Andréa Fradin, mis à jour le 18.04.2014 à 16 h 20

Entre ceux qui se ruent pour les acheter, et ceux qui estiment que leurs porteurs sont des «Google Glass holes» (subtil jeu de mots avec l'expression «ass hole», signifiant «trou du cul») jusqu'à les agresser dans les rues de San Francisco, c'est peu dire que les lunettes connectées de Google font débat.

Mais en la matière, il y a peut-être pire. Car voici venir l'ère des lunettes... à émotions. Soit des binocles connectées qui, au lieu d'envoyer des mails, de tourner des vidéos ou de prendre des photos, affichent sur les verres des yeux censés refléter l'attitude adéquate à adopter en public. Du moins en façade: le porteur peut continuer à vaquer à ses occupations, comme lire son smartphone à table, pendant que ses faux yeux eux, fixent poliment ses interlocuteurs.

«Nos sociétés développées exigent des travailleurs qu'ils se comportent de manière plus sociable», explique à la BBC le chercheur japonais à l'origine de ces drôles d'yeux numériques, Hirotaka Osawa.

Le dispositif consiste en deux écrans qui utilisent la même technologie que certains écrans plats (dite OLED), sur lesquels s'affichent donc chaque oeil, ainsi que «d'une caméra et de plusieurs capteurs, reliés à un téléphone ou à un ordinateur», explique le site spécialisé The Verge. Sans oublier un logiciel de reconnaissance faciale, précise encore la BBC.

Le tout pour un résultat assez étrange, comme l'illustre bien la vidéo promotionnelle ci-dessus. Ainsi, quand le logiciel de reconnaissance faciale «détecte que quelqu'un fixe le porteur [de lunettes], les yeux générés par ordinateur bougent et fixent [la personne] en retour», explique la BCC. Et de poursuivre:

«Si l'utilisateur opine, les lunettes montrent un clignement. S'il bouge la tête, les yeux clignent plusieurs fois. S'il incline la tête, les yeux regardent par-dessus.»

Hirotaka Osawa explique s'être inspiré d'une tendance forte dans la sociologie du travail aujourd'hui: l'«emotional labour», ou le fait que le comportement sociable et affable est désormais considéré comme une pièce maîtresse dans certains secteurs professionnels.

«Les sciences informatiques et robotiques ont étendu nos compétences physiques et notre intelligence. Mais qu'en est-il de nos compétences sociales?», interroge une voix féminine robotique sur la vidéo du sicentifique japonais, où ce dernier se met en scène de façon assez décalée en train de dormir à son bureau, ou de lire son téléphone face à un étudiant qui passe devant lui dans le couloir:

Hirotaka Osawa aurait pleinement conscience «du caractère bizarre» de ses lunettes, précise la BBC. Cela ne l'empêche pas néanmoins, conclut le journal britannique, de vouloir présenter en octobre un dispositif équivalent... qui collerait un gros smiley sur les lèvres des porteurs. Hâte.

A.F.

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
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