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La jaunisse menace la production de bananes

Lucie de la Héronnière, mis à jour le 15.04.2014 à 9 h 46

Bananas/ Ian Ransley via Flickr CCLicence By

Bananas/ Ian Ransley via Flickr CCLicence By

La jaunisse fusarienne risque de se propager à toute vitesse dans les plantations de bananiers. Le 14 avril, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation) a fortement encouragé les pays à intensifier la lutte contre cette maladie très ravageuse.

Une souche de cette terrible jaunisse s’est propagée de l’Asie à l’Afrique et au Moyen-Orient, et menace d’atteindre l’Amérique Latine, grosse zone de production pour l'exportation vers l'Europe et les Etats-Unis. Elle est causée par un champignon très résistant, qui peut survivre des décennies et se transmet discrètement par le sol... Il ravage les bananiers, et réduit la production, même si le fruit est toujours comestible.

Selon la FAO, «la souche Tropical Race 4 (TR4) de la maladie, également connue sous le nom de maladie de Panama, constitue une sérieuse menace pour la production et l'exportation de ce fruit très apprécié et pourrait avoir de graves répercussions sur la filière et les moyens d'existence».

Dans le communiqué, Gianluca Gondolini, secrétaire du Forum mondial de la banane, s’inquiète sérieusement:

«Toute maladie ou contrainte qui touche les bananes frappe une importante source de nourriture, de moyens d’existence, d’emploi et de recettes publiques.»

Cette jaunisse est en effet une menace qui pourrait affecter les habitants de pays où la banane est un aliment de base. Selon le Cirad, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, elle «joue un rôle majeur en matière de sécurité alimentaire». 

Et l'extension de la maladie toucherait donc les acteurs de la banane (producteurs, négociants...), une filière qui pèse lourd et concerne beaucoup de monde: c’est la huitième culture alimentaire du monde, qui représente 17 millions de tonnes exportées (le reste est consommé sur place, la production totale est de 130 millions de tonnes), soit 7 milliards de dollars par an.

Du coup, la FAO a décidé d’agir, avec une série de recommandations et de conseils, qui consistent surtout à faire de la prévention, de la sensibilisation et de la formation:

«Une fois que la maladie est présente dans un champ, elle ne peut plus être contrôlée avec les pratiques et les fongicides actuellement disponibles. Le meilleur moyen de la combattre est de prévenir sa propagation, notamment en évitant les mouvements de matériel végétal malade et de particules de sol contaminées.»

La souche infecte notamment les bananes de la variété «Cavendish», les plus commercialisées à l'international, les bananes jaunes qu'on a l'habitude de voir en France. Mais comme le souligne André Lassoudière, ingénieur expert en culture bananière, dans une interview donnée en janvier au site Atlantico, pour faire face à ses risques, «un gros effort est en cours pour créer de nouvelles variétés hybrides. (...) Plusieurs sont en cours d'évaluation pour la commercialisation. Mais, leurs caractéristiques, différentes de la Cavendish, vont entraîner une modification des techniques de mise en marché, notamment du mûrissage... et une "adaptation" du goût des consommateurs».

Lucie de la Héronnière
Lucie de la Héronnière (148 articles)
Journaliste
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