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Comment les sculptures de main de Rodin font avancer la chirurgie

Camille Jourdan, mis à jour le 08.04.2014 à 17 h 09

La Cathédrale, Auguste Rodin / Yair Haklai via Wikimedia Commons

La Cathédrale, Auguste Rodin / Yair Haklai via Wikimedia Commons

Et si la médecine pouvait apprendre de l’art? C’est ce que pense James Chang, professeur de chirurgie à la faculté de médecine de Stanford. A son initiative, une exposition d’un nouveau genre ouvrira au Centre des arts de l’université. Le thème: «A l’intérieur des mains de Rodin: art, technologie, et chirurgie».

James Chang est depuis longtemps fasciné par les sculptures de Rodin, rapporte Wired. Et plus particulièrement par la partie du corps fétiche de l’artiste: les mains. Alors qu’il était encore étudiant, le chirurgien a remarqué que «les mains de certaines des sculptures de Rodin ressemblaient beaucoup aux mains déformées et abîmées qu’il apprenait à opérer».

Est née alors une vraie passion pour ces sculptures. Au point qu’une fois diplômé, James Chang a lancé un cours intitulé «Anatomie chirurgicale de la main: de Rodin à la reconstruction». Les étudiants y apprennent à diagnostiquer les maladies de la main, à partir des sculptures de l’artiste français.

James Chang a ainsi relié de nombreuses œuvres d’Auguste Rodin à diverses anomalies. Le site de l’école de médecine en donne quelques exemples:

«Il a estimé que la sculpture “Grande main gauche” avait apparemment quelques métacarpiens cassés. “La Main Crispée” de Rodin, une sculpture crispée dans une posture anormale et exagérément douloureuse, avait la maladie de Charcot-Marie-Tooth, un trouble neurologique héréditaire, selon Chang. Sculpture après sculpture, main après main, le chirurgien a identifié un kyste synovial, une amputation du pouce, une rigidité articulaire, et d’autres choses.»

Personne ne sait si Rodin utilisait toujours de vrais modèles, et si tel était le cas, il semble impossible de savoir si le sculpteur était ou non au courant de leurs probables maladies, rapportent plusieurs conservateurs.

Quoi qu’il en soit, ces mains à l’aspect souvent étranges donne lieu à une nouvelle exposition. Les visiteurs peuvent y découvrir, comme les étudiants de James Chang, les liens entre art et médecine. Ils voient ainsi plus clairement ce qui se cache «sous la peau des mains de bronze»:

«En faisant tourner un iPad autour de trois des sculptures de mains de Rodin, les visiteurs peuvent voir des graphiques d’os, de nerfs, et de vaisseaux sanguins générés par ordinateur, sous différents angles.»

«Une reconstruction digitale des os, des nerfs (en jaune) et des vaisseax sanguins (en rouge) de l’un des patients de Chang» - Photo de Matthew Hasel via Wired.com

Les visiteurs trouveront également des photos de mains de patients atteints des maladies liées aux différentes sculptures, avant et après opération.

Connie Wolf, directrice du Centre des arts de Standford, est très fière de cette exposition:

«L’art fournit une entrée, la chirurgie elle-même fournit une entrée, mais la technologie permet de réunir les deux, et ouvre ainsi de nouvelles façons d’apprendre, de savoir, d’expérimenter, et de découvrir.»

Pour elle, cette exposition est «unique» en son genre.

Camille Jourdan
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