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Combien de personnes faudrait-il envoyer pour coloniser un autre système solaire?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 07.04.2014 à 12 h 46

Nasa

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La colonisation d'autres systèmes solaires est un sujet d'étude sérieux depuis de nombreuses décennies, et découle d'une observation simple: la Terre n'est pas un endroit sûr à long terme et la survie de l'humanité pourrait un jour dépendre de notre capacité à changer de maison. Mais les recherches se heurtent à un défi pour le moment insurmontable: la gigantesque distance qui nous sépare du système solaire le plus proche, Proxima Centauri, situé à 4,2 années-lumière de notre Terre.  

Parcourir une telle distance nécessiterait un vaisseau générationnel, c'est-à-dire un appareil dans lequel des générations entières d'humains pourraient naître, vivre et mourir avant d'arriver à destination, ce qui pose une question cruciale: combien de personnes devrait-on envoyer dans un tel appareil pour arriver à destination tout en maintenant une diversité génétique suffisante?

Selon les calculs de Cameron Smith, un anthropologue de l'université d'Etat de Portland aux Etats-Unis, il faudrait au moins 10.000 personnes pour y parvenir, voire idéalement 40.000 pour parer à l'éventualité d'un taux de mortalité élevé pendant le voyage, rapporte le site Popular Mechanics.

Cette nouvelle estimation, parue dans la revue scientifique Acta Astronomica, dépasse très largement la précédente effectuée sur le sujet en 2002 par John Moore, un autre anthropologue américain. Selon John Moore, une population de 150 à 180 personnes suffisait pour se reproduire sur 60 à 80 générations, soit un voyage de 2.000 ans, à condition de faire attention à ne pas se reproduire de manière incestueuse.

Cameron Smith a utilisé des scénarios plus ou moins optimistes de survie, et a notamment montré qu'un groupe de 150 personnes ne maintiendrait pas assez de diversité génétique en son sein pour rester en bonne santé. Au contraire, une population de 40.000 personnes garde une diversité de 100%, tandis qu'une population de 10.000 reste aussi assez diverse: 

via Popular Mechanics

Smith s'est également intéressé aux potentielles catastrophes (épidémies, guerres, collisions, problèmes mécaniques), et a conclu qu'il serait plus judicieux de répartir les colonisateurs sur plusieurs vaisseaux. Il conclut:

«Avec 10.000 [individus], vous pouvez partir avec une bonne dose de diversité génétique, survivre à une épidémie grave et peut-être arriver avec assez de gens et de diversité pour donner une chance à l'humanité 2.0.»

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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