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L'ocytocine, «molécule de la morale», nous rend en fait plus malhonnête

Grégor Brandy, mis à jour le 02.04.2014 à 19 h 14

L'ocytocine est aussi surnommée le «composé des câlins» / warrenski via Flickr CC Licence By

L'ocytocine est aussi surnommée le «composé des câlins» / warrenski via Flickr CC Licence By

On vous avait déjà dit que l'ocytocine n'est pas la «molécule de l'amour et de la morale», contrairement à ce que l'on pouvait lire ici ou . On a aujourd'hui la meilleure preuve qu'elle n'est vraiment pas «la molécule de la morale»: elle stimule même la malhonnêteté.

Dans une étude publiée lundi 31 mars, dans la revue scientifique américaine PNAS, Carsten de Dreu, de l’université d’Amsterdam, explique que l’ocytocine ne rend pas les gens moraux ou immoraux. «Elle modifie leur centre d’attention et les fait s’intéresser plus au groupe qu’à eux-mêmes.»

On savait jusque-là que «l’hormone est liée de près à la grossesse et à l’accouchement», rappelle The Independent. «Elle a aussi été surnommée le ''composé des câlins'' (cuddle chemical) ou ''messager des mamours'' (hug hormone) pour son rôle dans les interactions sociales.»

On apprend donc sur le site du magazine américain The Scientist que Shaul Shalvi de l’Université Ben Gourion du Néguev (Israël) ont demandé à 60 personnes de jouer à un jeu simple après avoir pris de l’ocytocine ou un placebo.

Par groupes de trois, ils devaient prédire le résultat d’un lancer d’une pièce d’un euro. Une fois le résultat connu, ils devaient dire s’ils avaient deviné correctement. Tous les gains et pertes devaient ensuite être répartis équitablement entre les trois coéquipiers.

Quand ils jouaient pour gagner de l’argent, les volontaires sous placebo disaient gagner 67% du temps, soit un peu plus que la probabilité normale (50%). Ceux qui avaient pris de l’ocytocine déclaraient avoir deviné la bonne réponse 80% du temps. Et ils mettaient moins de temps que les autres pour mentir.

Carsten de Dreu et Shaul Shalvi ont ensuite répété l’expérience en disant aux participants que, cette fois-ci, leurs décisions n’affecteraient que leurs revenus et pas ceux de leurs coéquipiers. Il n’y a alors pas eu de différence entre les personnes qui prenaient de l’ocytocine et celles sous placebo.

«Ces résultats montrent donc que l’ocytocine augmente les comportements malhonnêtes quand ils servent l’intérêt du groupe», explique le magazine américain. 

Grégor Brandy
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