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Un paraplégique donnera le coup d'envoi du premier match de la Coupe du monde grâce à ses jambes artificielles

Camille Jourdan, mis à jour le 02.04.2014 à 16 h 35

Vue d'artiste du stade Arena de Itaquera via Wikimedia Commons

Vue d'artiste du stade Arena de Itaquera via Wikimedia Commons

Celui qui frappera le premier ballon du match d’ouverture pour la Coupe du monde 2014, le 12 juin prochain, n’est pas un joueur de foot. Non, celui qui aura cet honneur est un jeune paraplégique brésilien. Dans le stade de Brasilia, il se lèvera de son fauteuil roulant, fera quelques pas, et pourra taper dans le ballon. The Guardian explique comment un tel événement est possible.

Un miracle? Non, ou si l’on veut, le miracle de la science.

Depuis plusieurs années, Miguel Nicolelis, chercheur en neurosciences de la Duke University en Caroline du Sud travaille sur des «dispositifs “cerveau-machines”». En juin 2013, il avait permis à un singe aux Etats-Unis de contrôler un robot au Japon par la pensée grâce à un système de câbles.  

Cette fois-ci, Miguel Nicolelis a mis au point un exosquelette motorisé: ce dispositif «remplace» des membres du corps humain. 

Plusieurs personnes handicapées ont déjà pu bénéficier de cette technologie des exosquelettes: une petite fille avait ainsi retrouvé l’usage de son bras. Les avancées sont telles qu’en 2016, à Zurich, se tiendra le premier Cybathlon: «une compétition olympique pour les athlètes utilisant des prothétiques avancés et d’autres appareils d’assistance moderne qui implique la technologie robotique».

Le nouveau prototype de Nicolelis concerne des jambes artificielles. Le processus mêle neurosciences et robotique: des électrodes permettent de capter des signaux émis par le cerveau de la personne handicapée. Ces signaux sont ensuite «convertis» par une batterie placée dans le dos du patient, et permettent de commander les mouvements des jambes de l’exosquelette. Sciences et Avenir résume:

«Il suffira au jeune paralysé de penser à marcher et ses jambes mécaniques obéiront.»

Dit comme cela, ça paraît très simple. En réalité, c’est le résultat de plusieurs années de recherches, menée par une équipe internationale de chercheurs travaillant sur le projet «Walk Again»:

«Le travail de robotique a été coordonné par Gordon Cheng de l’université Technique de Munich, et des chercheurs français ont construit l’exosquelette»

C’est aussi le résultat d’un entraînement des personnes paraplégiques qui ont été choisies pour tester ce nouvel appareil. Elles sont neuf, âgées entre 20 ans et 40 ans. Trois seront sélectionnées pour assister au match d’ouverture de la Coupe du monde, dont un qui montrera au monde entier les miracles de la science.

En plus de leur permettre de se déplacer, cette nouvelle technologie leur permettrait également de ressentir les sensations qui vont avec.

«A chaque pas, un signal est envoyé à un appareil vibrant, implanté dans l’avant-bras de celui qui porte l’exosquelette. Apparemment, cet appareil trompe le cerveau en lui faisant croire que cette sensation vient du pied. Lors de simulations de réalité virtuelle, les patients sentaient leurs jambes bouger et toucher quelque chose.»

Le professeur Nicolelis a de grands espoirs face à ces progrès incroyables réalisés grâce à la robotique et aux neurosciences. L’an dernier déjà, il confiait au Washington Post:

«Avec un peu de volonté politique et les investissements nécessaires, nous pourrions rendre les fauteuils roulants obsolètes.»

 

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
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