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«Sur Internet, c'est tous les jours le 1er avril»

Camille Jourdan, mis à jour le 01.04.2014 à 18 h 47

Poisson d’avril / Buggy Droid via Flickr CC License By

Poisson d’avril / Buggy Droid via Flickr CC License By

Chaque 1er avril c’est pareil: chacun tente de trouver LA blague qui fera rire tout en restant crédible. Sur Internet et dans les médias en général, les fausses infos –censées être– drôles circulent. Cette année, nous avons par exemple eu droit au lancement du petit beurre goût brocoli, ou encore au Browger, ou encore au retour du Nokia 3310 version tactile. Et d'autres encore répertoriés sur le site LSA Conso.

Mais le Washington Post souligne dans un article que «sur Internet, c’est tous les jours le 1er avril».

Le nombre de canulars diffusés sur Internet ne se compte plus. L'un des derniers en date qu’évoque le Washington Post pour ouvrir son article: Livr, un réseau social pour les gens ivres, auquel on peut accéder grâce à un alcootest connecté à son téléphone. Le lendemain du lancement, Gizmodo avait détecté l’arnaque. Le Washington Post, qui vante la crédibilité de Livr, conclut cependant:

«Le seul problème de Livr ? Tout était faux

Le journal américain analyse pourquoi tant de fausses informations sont diffusées sur la Toile, mais aussi pourquoi certaines personnes y croient encore:

«Même s’il est facile et même confortable de blâmer les arnaqueurs, la réalité est beaucoup plus compliquée.»

D’autres acteurs rentrent en effet en jeu: le système d’Internet, qui «incite à avoir des vues», les journalistes, et les internautes en général sont coupables.

«[Les canulars] sont souvent propagés par des journalistes avides de clics et qui manquent de temps. Ils sont ensuite ingurgités par toute une audience noyée dans ce flot d’information […] et seule une news vraiment folle peut réellement se détacher.»

Mais à qui profite au final cette folie des «fake»? Plusieurs cas existent. Le Washington Post parle du projet «Wine to Water»: il y a quelques semaines, Allen Peterson présentait sa machine qui change le vin en eau. Bien entendu, cette machine n’existe pas. Mais plusieurs milliers de personnes ont payé pour avoir davantage d’informations sur son fonctionnement. Avec cet argent, Peterson a en réalité pu financer une association caritative, chargée de fournir de l’eau potable en Ethiopie.

Mais comme le souligne le Washington Post, tout le monde n’est pas Allen Peterson. Les grands gagnants des fake sont plus généralement ceux qui les ont initiés:

«Un grand nombre de sites web qui propagent de fausses histoires –comme Mediamass ou le douteux News-hound.org– profitent d’offres de publicités quand leurs arnaques deviennent virales.»

Lorsqu’il est notoirement connu que les histoires publiées sur tel site ou tel autre sont fausses, cela limite les dégâts. C’est le cas de Mediamass, ou encore du Gorafi. Quoiqu’il arrive encore à certaines personnes de citer des «informations» issues de ces sites

Mais peut-on vraiment condamner ceux qui croient toutes ces fausses informations? Pour le Washington Post, c’est «futile». Brandon Schmittling, co-fondateur de Livr, explique pourquoi:

«Ce qui intéresse les gens, c'est de troquer la réalité contre une autre […] Ils veulent faire de leur vie un divertissement.»

D'où la conclusion du journal: 

«Un seul jour en avril, ce n’est pas assez long.»

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
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