Mauvaise nouvelle pour la génération Y: la hiérarchie, dans le travail, ça compte

office life / Steve Davidson via Flickr CC License by

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Même pour elle.

Dans le nouveau monde professionnel, les jeunes salariés peuvent converser avec leur PDG sur Twitter, les structures hiérarchiques perdent de leur influence et les relations deviennent plus horizontales… C’est en tout cas ce que la génération Y, les employés nés entre 1980 et 1992, pense, et c’est ce que relatent fréquemment les médias sur le sujet.

Sauf que l’idée selon laquelle «nous vivons dans un paradis post-moderne, égalitaire, basé sur le mérite» est fausse, selon le professeur Jeffrey Pfeffer, qui propose d’en finir avec ces idées dans l’air du temps comme l’explique la Stanford Graduate School of Business.

Dans un article publié dans la revue The Academy of Management Perspectives en novembre 2013, le chercheur soutient que les structures hiérarchiques ont peu évolué en dépit d’une croyance commune:

«Les débats à propos des nouveaux travailleurs et du nouveau travail sont en accord avec l’accent mis en permanence sur la nouveauté et l’innovation théorique dans les sciences de l’organisation, un accent qui, bien qu’étant promulgué dans pratiquement toutes les revues, sert peu le développement d’une connaissance fiable et pertinente et entrave notre capacité à fournir des conseils à la fois aux organisations et à leurs employés.»

Pour le chercheur, la manière dont fonctionnent les organisations actuellement reflète des centaines d’années de structures hiérarchiques de pouvoir, structures inchangées parce qu’elles «sont liées à des avantages pour la survie» et que les «croyances et comportements qui vont avec» font partie de notre «ADN professionnel», précise le site de Stanford.

Par exemple, «la tendance à repérer les groupes et individus les plus susceptibles de l’emporter dans des luttes pour la survie et à s’associer avec eux» expliquerait que les individus acceptent non seulement le principe hiérarchique, mais s’engagent volontairement à travailler dans des environnements de travail ou avec des managers difficiles. Une recherche du pouvoir et du succès qui entraîne à son tour une dynamique qui perpétue le système…

Il faudrait donc faire le deuil des croyances qui soutiennent que la hiérarchisation va être bousculée par de nouveaux modes de relations professionnelles. Un message qu’il adresse tout particulièrement aux jeunes de la génération Y (ou «millenials» en anglais).

«L’émergence de technologies de communication bon marché, de réseautage social et de crowdsourcing a aussi “développé la tendance à voir la hiérarchie comme disparaissant et devenant moins pertinente”», poursuit le site de Stanford.

«Peu importe ce que croient les “millenials”, le jeu carriériste se joue toujours selon les anciennes règles et implique de gravir les échelons. Les relations avec les managers comptent encore quand il s’agit de titularisation de postes ou d’opportunités de carrière. Tout comme la capacité à entretenir son réseau.»

Jeffrey Pfeffer affirme:

«Il est facile d’être diverti par la tendance, par ce que chacun perçoit comme étant le nouvel ordre du monde. Mais ne croyez pas que vous pouvez jouer selon des règles différentes. Vous ne pouvez pas.»