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Le 23 juillet 2012, la communication a failli mourir (enfin, presque)

Andréa Fradin, mis à jour le 21.03.2014 à 17 h 58

Éruption solaire | Nasa

Éruption solaire | Nasa

Et vous, où étiez vous le 23 juillet 2012? Si vous étiez en train de griller au soleil, sachez que ce dernier a failli aussi griller... la Terre tout entière. Ou du moins, perturber une grosse partie de ses technologies de communication: satellites, contrôle aérien, GPS et même nos ordinateurs et autres appareils mobiles!

En cause: une tempête solaire à la violence «extrême», qui a neuf petits jours près, aurait pu nous faire basculer dans ce scénario catastrophe. C'est en tout cas les conclusions d'une étude réalisée conjointement par des chercheurs chinois, de la Nasa et de son équivalent européen, l'Esa, publiée le 18 mars sur le site de Nature.

Il faut savoir que notre étoile est plutôt du genre pertubée: le soleil connaît en effet régulièrement des phénomènes d'éruptions, qui peuvent entraîner de colossales gerbes de matière solaire –qui donnent aussi accessoirement de superbes clichés, régulièrement publiés par la Nasa.

Quand on vous dit que c'est colossal, on exagère pas | Nasa

«Lorsque cela se produit, explique Le Nouvel Obs, cette matière solaire s'échappe du Soleil et est propulsée dans l'espace. On parle alors d'éjection de masse coronale». Un phénomène «très fréquent», poursuit le site:

«Entre une fois par semaine et trois fois par jour»

Problème: cette matière a le vilain défaut de perturber tout ce qui touche à l'électronique, dans la mesure où elle est «dotée d'un champ magnétique très intense».

La particularité et la violence inouïe de la tempête solaire du 23 juillet 2012 tiennent en fait à une conjonction d'évenements, comme l'explique io9:

«L'éruption a été générée par deux éjections de masse coronales quasiment simultanées (à une intervalle de 10 à 15 minutes), qui ont libéré une énergie équivalente à près d'un milliard de bombes H.»

Pour complèter le tableau, une autre éruption du genre avait également eu lieu quatre jours plus tôt, faisant ainsi place nette au nuage magnétique ainsi émis par le soleil. Du coup, le nuage en question a pu se propager à une vitesse très élevée, «plus de 2.000 kilomètres par seconde» (quatre fois plus que la vitesse moyenne dans ces cas là), pour atterrir... «là où se tenait la Terre juste une semaine plus tôt», raconte encore Forbes.

Les spécialistes de la Nasa vous disent tout sur ces phénomènes solaires

Comme souvent dans l'univers, les catastrophes et les coincidences heureuses –en tout cas de notre point de vue– ne tiennent souvent qu'à un fil: quelques milliers de kilomètres dans le cas d'une météorite qui frôle la Terre ou, comme ici, quelques jours.

Si la Terre avait été moins chanceuse, les chercheurs estiment que cette pertubation solaire nous aurait coûté «des milliers de milliards de dollars de dégâts» et qu'il aurait fallu «4 à 10 ans» pour complètement s'en remettre. L'épisode de l'été 2012 est donc un sérieux avertissement à nous autres Terriens, qui ne percevons pas toujours très bien les conséquences potentielles de ces événements. Comme le souligne Janet Luhmann qui a participé au programme de recherche:

«C'est comme avec les tremblements de terre. C'est difficile de faire bien comprendre aux gens l'importance de se préparer, à moins de vivre sois-même une secousse de 9 de magnitude.»

En février dernier, le Soleil a encore faire des siennes

Pourtant, la Terre a pleinement conscience de ces risques: la Nasa publie régulièrement les images des humeurs solaires et les médias se font tout aussi souvent l'écho des incidences graves que peuvent recouvrir les éruptions solaires. Ainsi sur Slate en 2011, 2012, et sur Le Guardian, quelques mois avant la fameuse date de juillet 2012!

De même, nous avons déjà vécu les conséquences des caprices de notre astre. L'épisode le plus connu, et probablement le plus violent étant «l'événement Carington», en 1859, qui «a mis dans le noir le réseau de télégraphe à travers les Etats-Unis et qui a littéralement neutralisé certains de ses opérateurs». Autre conséquence, plus sympathique celle-ci: des aurores polaires en provenance du pôle Nord étaient observables jusqu'à Hawaii ou Mexico!

Pas sûr néanmoins que le spectacle arrive à éclipser les conséquences d'une éruption solaire, qu'on annonce d'ores et déjà bien autrement plus massive, pour notre monde hyperconnecté et sur-appareillé, qu'il y a plus d'un siècle.

L'interaction des particules solaires avec la Terre | Vue d'artiste de la Nasa
Andréa Fradin
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Journaliste
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