LifeTech & internet

Le patron de Google est en colère contre la NSA qui nous donne une mauvaise image de la collecte de données

Camille Jourdan, mis à jour le 20.03.2014 à 18 h 19

Google / Nyshita Talluri via Wikimedia Commons CC License By

Google / Nyshita Talluri via Wikimedia Commons CC License By

Larry Page, PDG de Google, déborde toujours de grandes idées. A la conférence du TED (Technologie, Divertissement et Design) à Vancouver (Canada), il en a présenté de nouvelles. Entre le projet Google Loon, les voitures automatiques et des voies pour vélos au-dessus des rues, il a pris un peu de temps pour évoquer les écoutes de la NSA, rapporte le site Wired.

Le PDG de la multinationale a condamné les agissements du gouvernement des Etats-Unis et de son agence de sécurité. En juin 2013, l’ex-agent Edward Snowden révélait que la NSA collectait les données personnelles des millions de personnes.

Google, tout comme Yahoo, apparaissent d’autant plus concernées par ces scandales des écoutes depuis octobre 2013. Dans le Washington Post, on apprenait alors que la NSA avait récupéré des données de centaines de milliers d’internautes en infiltrant les fibres optiques utilisées par les deux géants d’Internet. Larry Page se dit déçu:

«Pour moi, c’est énormément décevant que le gouvernement ait fait tout cela secrètement, sans nous le dire.»

A l’époque déjà, les dirigeants de Google s’étaient insurgés du comportement de la NSA, niant toute implication de leur part dans cette affaire. Dans le Washington Post, leur responsable juridique David Drummond niait toute implication de la part de l’entreprise dans cette affaire:

«Nous ne donnons l’accès à nos systèmes à aucun gouvernement, y compris le gouvernement américain. Nous sommes scandalisés par l’étendue des interceptions de nos propres réseaux privés de fibres optiques.»

A Vancouver, Larry Page va plus loin. Forbes rapporte qu’il évoque une «menace pour la démocratie»:

«Je ne pense pas qu’on puisse avoir une démocratie si nous protéger nos utilisateurs du gouvernement.»

Néanmoins, pour le PDG de Google, l’accès aux données pourrait et devrait être mieux exploité. Il prône notamment la mise en ligne de données médicales, anonymement:

«Ne serait-ce pas épatant si les données médicales de tout un chacun étaient disponibles anonymement pour les chercheurs? On sauverait 100.000 vies cette année. On ne pense pas suffisamment au formidable bien que peuvent apporter des personnes qui partagent leurs informations avec les bonnes personnes et de la bonne manière.»

Mais des scandales comme celui des écoutes de la NSA n’encouragent pas les internautes à diffuser leurs informations personnelles, poursuit Page.

«Il y a un risque que, en alimentant la paranoïa de l’intimité, la NSA dissuade les individus de partager des informations d’une manière qui pourrait en réalité être bénéfique.»

Dans ce beau discours, Larry Page omet cependant de mentionner que Google pourrait elle aussi être à l’origine de ces méfiances de la part des utilisateurs. En effet, l’entreprise a déjà été condamnée à plusieurs reprises pour avoir violé l’intimité des internautes. Aux Etats-Unis et en Espagne notamment, le moteur de recherches a été accusé de «court-circuiter les paramètres de navigateurs d’iPhone et d’iPad pour y installer des tracking cookies» sans la permission des utilisateurs, rapportait The Guardian. Un moyen de collecter des informations et de tracer l’activité en ligne des internautes.

D’autres procédures dans différents pays d’Europe sont actuellement engagées contre Google, très généralement pour violation de la vie privée.

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte