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Elle a quel âge, la raquette de tennis?

De quand ça date, mis à jour le 03.04.2014 à 17 h 16

D’abord, on inventa le jeu de paume, auquel s’adonnaient avec passion les rois Valois. Au XVIe siècle fut introduite la racchetta et, en 1874, naquit le tennis. Sur un gazon… anglais.

Bien avant l’invention du tennis moderne, les joueurs de paume de la Renaissance se servaient déjà de raquettes en bois, cordées de boyaux de mouton, pour se renvoyer la balle. L’affirmation peut sembler étonnante, car le jeu de paume, comme son nom l’indique, s’est longtemps pratiqué à mains nues. En tout cas, de son apparition – sans doute au XIIe siècle en Île-de-France – jusque vers 1450.

Pour accélérer le mouvement de la balle, faite de poils d’animaux ou de laine recouverte de peau de mouton, on l’alourdit en la remplissant de chaux ou de sable. Et la main des joueurs en souffre : on la protège d’abord avec un gant en cuir, avant de se munir d’un battoir en bois. Finalement, entre 1500 et 1525, se généralise l’usage de la raquette, venue d’Italie, où la racchetta sert déjà à des jeux de balle.

Elle évolue peu jusqu’au XIXe siècle : long de 50 cm environ, son cadre est fait d’une tige de bois de frêne, ployée en cerceau, dont les extrémités sont réunies et clouées pour former le manche. Pour corder cette raquette, 12 mètres de boyaux sont nécessaires, que l’on obtient à partir des intestins d’une dizaine de moutons.

C’est une raquette proche de celles de la Renaissance qu’utilise le major Walter Compton Wingfield, l’inventeur du tennis. Adaptant les règles de la paume, jouée en salle, il en fait un sport d’extérieur, qu’il pratique avec ses invités sur le gazon de sa propriété. A

insi naît en 1874 le tennis – anglicisation du « tenez ! » lancé par le joueur de paume au moment de servir –, dont la popularité est immense dès l’organisation du premier championnat, en juillet 1877, à Wimbledon. Or, entre cette date et l’adoption du métal, dans les années 1970, les raquettes évoluent à nouveau très peu, si ce n’est que, pour alléger le cadre, on se met à assembler et à coller de fines lamelles de bois au lieu d’utiliser du bois massif. Dans les années 1960, les Australiens Ken Rosewall et Rod Laver ou l’Américain Arthur Ashe jouent encore avecces raquettes lourdes et peu puissantes.

La révolution débute en 1967. Cette année-là, l’équipementier américain Wilson crée le premier cadre métallique, la T2000, en acier allégé. Plus solide et plus légère, elle est aussitôt adoptée par le jeune Jimmy Connors. Il restera pendant plusieurs années un pionnier isolé, voire moqué. Respectant la tradition, Björn Borg dominera les années 1970 en restant fidèle au bois. Mais le dernier grand match du Suédois, sa finale perdue à l’US Open en 1981 face à John McEnroe, sonne le glas de la raquette en bois, que les deux protagonistes sont désormais les derniers champions à manier

Dans les mois suivant cette rencontre, Borg met fin à sa carrière et McEnroe se convertit au graphite, la nouvelle matière lancée par Dunlop, constituée de fibres de carbone collées avec de la résine. Depuis cette date, les cadres sont composés d’un mélange de graphite et de fibre de verre, ou, plus récemment, de titane. Reste une tradition avec laquelle les professionnels ne transigent pas : si les cordes synthétiques sont privilégiées par les amateurs depuis les années 1970, les champions usent encore du boyau d’origine animale, qui offre à la fois plus de puissance et de contrôle.

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