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On devrait faire entrer Marion Donovan, l'inventeure des couches, au Panthéon

Temps de lecture : 2 min

En 1949, Marion Donovan, une Américaine lassée des lessives à répétition, recouvre le lange de bébé d’un tissu imperméable. Fini le pesant emmaillotement, qui prévaut… depuis l’Antiquité !

Les langes du monde antique ont la même fonction que nos couches-culottes modernes. Il s’agit de simples carrés de tissu, maintenus selon la méthode de l’emmaillotement. Les médecins la préconisent avec bandelettes et attelles pour maintenir droits les membres fragiles des nourrissons.

Au temps médiéval, la pratique est toujours justifiée par les savants. L’encyclopédiste du XIIIe siècle Barthélemy l’Anglais assure que le maillot qui maintient la tête dans le prolongement du corps, les bras le long du corps et les jambes raides évite les déformations. Ce cocon de bandelettes a d’autres avantages : l’enfant ne souffre pas du froid et est plus facile à surveiller.

Dans certaines régions, comme le Poitou, on le suspend à un clou ! Mais, dans ses langes serrés, l’enfant, que l’on se garde de laver – l’eau est considérée comme un vecteur de maladies –, macère des heures dans ses déjections. Lorsqu’il est enfin libéré, on le nettoie avec de l’huile et du beurre, avant de lui remettre son carcan…

Le Nouveau-Né, peint vers 1648 par Georges de La Tour, présente un bébé transformé en momie, dans les bras de sa mère. Cette vision de la naissance de Jésus, inhabituelle car désacralisée, montre qu’il est semblable à tous les enfants. Représenté jusqu’alors en chérubin joufflu ou en adulte en miniature, il ne porte jamais de langes dans l’iconographie chrétienne.

En France, les nouveau-nés seront emmaillotés, certes un peu plus souplement, jusque dans les années 1950 afin, affirment – à tort – les médecins de l’époque, de prévenir les luxations de la hanche. L’abandon du maillot suit l’apparition de la couche jetable.

En 1949, aux États-Unis, une ménagère de Westport, Marion Donovan, enveloppe un lange d’un tissu imperméable. La petite histoire raconte que la première version de ce couvre-couche a été conçue avec un rideau de douche.

L’idée, géniale de simplicité, sera suivie d’autres innovations, jusque dans l’espace, où les premières combinaisons d’astronaute sont faites de matières absorbantes.

L’astucieuse mère de famille obtiendra quatre brevets pour ses inventions, dont des boutons-pression en plastique, plus pratiques que les épingles de sûreté. Un an plus tard, elle va plus loin et crée, en combinant son invention à du papier absorbant, la première couche à usage unique.

Tout d’abord réservée à des occasions exceptionnelles, comme le voyage, celle-ci ne sera vraiment commercialisée qu’au début des années 1960, sous le label Pampers (de l’anglais to pamper, «choyer»). Améliorée au fil des décennies avec «le petit élastiquelà !», elle est utilisée en quantité astronomique, à l’échelle de la planète, et difficilement biodégradable. Elle est aujourd’hui pointée du doigt par les écologistes.

C’est le grand retour de la couche lavable, version 2013, bonne pour les bébés et la planète. Et il paraît que l’emmaillotage revient à la mode… Progrès ou régression?

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