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Massacre de l'école Sandy Hook: un an après, le père du tueur témoigne

Camille Jourdan, mis à jour le 11.03.2014 à 14 h 10

Une d’un journal au lendemain de l’attaque / torbakhopper via Flickr License By

Une d’un journal au lendemain de l’attaque / torbakhopper via Flickr License By

Le 14 décembre 2012, Adam Lanza, alors âgé de 20 ans, se rend dans son ancienne école primaire de Sandy Hook après avoir assassiné sa mère, tue 20 enfants ainsi que six adultes, et se suicide. Un peu plus d’un an plus tard, un journaliste du New Yorker a rencontré le père d’Adam, Peter. En résulte un article de huit pages poignant.

C’est la première fois que Peter Lanza se livre à ce point dans les médias. Son témoignage nous en apprend davantage sur l’enfance de son fils. Atteint d’une forme d’autisme, le syndrome d'Asperger, Adam Lanza a présenté depuis tout petit des problèmes comportementaux. Mais Peter confie qu’il n’apprécie pas quand les gens estiment que sa maladie est la cause du massacre.

«Je pensais que ça pouvait cacher une schizophrénie.»

Peter Lanza a conservé quatre classeurs où figurent les mails qu’il échangeait avec son ex-femme, Nancy, la mère d’Adam. Beaucoup rapportent des comportements inquiétants de leur fils, qui ne parlait à personne, pouvait passer des nuits à pleurer, et pensait qu’il était «un raté». Peu avant le drame, Nancy s’était mise à mentir à son ex-mari, lui racontant qu’Adam et elle se parlaient davantage, alors qu’en réalité, «ils ne communiquaient plus que par mails».

«[Peter] pense que la fierté de Nancy l’empêchait de demander de l’aide. “Elle voulait que tout le monde pense que tout allait bien”.»

Peu après la parution de cet entretien exclusif, beaucoup de médias titrent sur des phrases chocs de Peter: «Le père du tueur de Sandy Hook souhaiterait que son fils ne soit jamais venu au monde», dans le New York Times ou ABC News, ou encore: «Adam m’aurait tué en une seconde», dans The Sydney Morning Herald et le Huffington Post.

Beaucoup d’autres aspects ressortent néanmoins de cette interview. Peter Lanza confie notamment qu’il ne passe «pas une heure» sans penser à cette histoire, et qu’il rêve de son fils chaque nuit. Il raconte également qu’il a reçu énormément de lettres, et d’autres objets: «des châles de prière, des bibles, des ours en peluche, des jouets faits maison; des histoires avec des titres comme “Mon premier Noël en enfer” ; des croix». Il a même reçu des caramels, qu’il n’ose pas manger, de peur qu’ils soient empoisonnés.

Pour le New Yorker, Peter a accepté de donner cette interview pour «partager des informations qui pourraient aider les familles, ou empêcher qu’un tel drame se renouvelle». CBS News a pu parler aux parents d’une des victimes de Sandy Hook, qui avaient rencontré Peter. Robbie Parker, le père témoigne:

«J’ai eu l’impression qu’il était reconnaissant de pouvoir nous présenter ses condoléances et ses excuses.»

Peter n’expose plus les photos de son fils. Souvent, il ne dit pas son nom, et a même envisagé d’en changer. «Mais ce serait prétendre que rien n’est arrivé, et ce n’est pas bien», confie-t-il.

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
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