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Installer un numéro d'urgence dans les pays en développement pour sauver des vies

Camille Jourdan, mis à jour le 07.03.2014 à 18 h 57

Une borne d’appels d’urgence / Antonio Rubio via Flickr CC License By

Une borne d’appels d’urgence / Antonio Rubio via Flickr CC License By

De nombreux pays en développement n’ont pas de système d’appels d’urgence. Pas de 18, de 112, ou encore de 911 comme aux Etats-Unis pour appeler les pompiers lorsque survient un accident de voiture, un incendie, ou un accident domestique. C’est un vrai problème selon Jason Friesen, qui se bat pour cette cause. Dans Quartz, il essaie de faire entendre sa voix.

«Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été témoin d’incidents où des soins d’urgence basiques et un transport rapide auraient pu améliorer considérablement les chances de survie du patient ou sa guérison à long terme.»

Bien entendu, des systèmes D pour secourir des personnes blessées existent. Les habitants font ce qu’ils peuvent, avec les moyens du bord, comme le décrit Jason, qui a beaucoup voyagé, notamment en Amérique latine et aux Caraïbes:

«Dans la plupart des pays en développement, [les systèmes d’urgence médicale] impliquent typiquement de bons Samaritains qui étaient déjà sur la route lors de l’accident, leur téléphone portable dans la poche. Ces systèmes sont largement ad hoc, et inefficaces, mais ils résistent de manière surprenante.»

Pour remédier à ce problème, Jason a créé Trek Medics International, une organisation humanitaire qui lutte pour «améliorer les soins médicaux d’urgence partout».

Selon Jason Friesen, l’absence de numéros tels que le 911 dans les pays en développement est une aberration et un réel paradoxe:

«Il est difficile de ne pas se poser la question: s’il y a près de 4,5 millions d’abonnés à la téléphonie mobile dans les pays en développement, comment expliquer que pratiquement aucun d’entre eux n’a accès à un véritable moyen d’appeler à l’aide?»

Pour lui, les principaux responsables sont les opérateurs de téléphonie mobile, qui pensent que «ce n’est pas rentable», et les gouvernements qui «n’en ont pas fait leur priorité».

Pourtant, outre sauver des vies, mettre en place un numéro d’urgence médical permettrait également aux Etats de faire des économies, affirme Jason:

«En 2010, un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé montrait que les accidents de voiture coûtaient entre 1% à 5% de leur PIB aux pays en développement» 

En effet, la prise en charge d’un malade ou de la famille d’un défunt coûte souvent bien plus cher à l’Etat qu’un système de prévention comme celui préconisé par Trek Medics International. Quartz cite le professeur Dinesh Mohan:

«Quand quelqu’un est blessé et alité… toute la famille s’implique pour prendre soin du patient. Ceci conduit à fournir une allocation à tous les membres de la famille qui ne peuvent plus travailler.»

Le 112 ou le 911 verra-t-il le jour dans les pays en développement? Selon Jason Fries, ce ne serait pas si compliqué que cela. Car, dit-il, «si on l’analyse bien, notre système high-tech de services médicaux est réellement basé sur trois choses: les personnes, les véhicules, et les téléphones». D’où une solution très simple pour le mettre en place dans les pays en développement:

«Il suffit de connecter les personnes qui aident déjà pour les urgences –comme les chauffeurs de taxi, la police, et l’omniprésence des jeunes qui vendent des minutes de communication à chaque coin de rue.»

En 2012, le Salvador lançait son propre 911. Il était alors l'un des premiers pays d'Amérique latine à le faire.

 

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
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