Économie / Life

Depuis 3 ans, il tweete les choses entendues à Goldman Sachs. Sans avoir jamais travaillé pour eux

Temps de lecture : 2 min

Un manifestant du mouvement Occupy Wall Street fait un vilain geste devant l'immeuble de Goldman Sachs à New York, le 17 septembre 2012, pour fêter le premier anniversaire du mouvement. REUTERS/Lucas Jackson
Un manifestant du mouvement Occupy Wall Street fait un vilain geste devant l'immeuble de Goldman Sachs à New York, le 17 septembre 2012, pour fêter le premier anniversaire du mouvement. REUTERS/Lucas Jackson

«Je veux juste être riche au point de ne pas être motivé par l’argent.»
«Ma poubelle mange mieux que 98% de la population.»

«Une fille m’a demandé ce que je ferais avec 10 millions de dollars. Je lui ai dit que je me demanderais où est passé le reste de mon argent.»

Ces répliques cultes postées sur le compte Twitter GS Elevator Gossip –les «ragots de l’ascenseur de Goldman Sachs»– font la joie des banquiers cyniques comme de tout ceux qui souhaitent voir confirmé tout le mal qu’ils pensent de la finance de marché. Et cela fait du monde, puisque le compte, créé il y a trois ans, a plus de 620.000 followers!

Sauf que l’homme derrière le compte, s’il est bien lui-même du métier, ne travaille pas chez Goldman Sachs, selon le New York Times qui lui consacre un article.

John Lefevre, 34 ans, réside au Texas et a travaillé pendant sept ans pour la banque Citigroup, puis pour une start-up à Hong Kong. S’il a bien failli travailler chez Goldman Sachs dans les bureaux de Hong Kong en août 2010, la proposition d’emploi a finalement été révoquée en raison d’un différend juridique avec son précédent employeur.

Le profil du compte GS Elevator Gossip

Mais qu’importe: si ces anecdotes ne viennent pas des ascenseurs de Goldman Sachs, elles ont bien été collectées dans le cadre de discussions entre traders, et reflètent ainsi merveilleusement ce mélange d’esprit de compétition, de machisme et d’arrogance caractéristique de cet univers professionnel, et souvent dépeint au cinéma comme récemment dans le film de Scorsese, Le loup de Wall Street.

«Avec le temps, admet l’auteur, les tweets ont adopté de plus en plus un style fait pour avoir un attrait un peu plus commercial.»

Il a signé un lucratif contrat («une somme à six chiffres» selon le New York Times) avec une maison d’édition pour l’écriture d’un livre qui sortira aux Etats-Unis en octobre 2014, signé sous le pseudonyme de J.T. Stone. Comme le raconte CNBC sur son site, le livre sera selon son auteur une plongée dans la culture de la banque d’investissement, et «éclairera d’une lumière nouvelle un monde qui est bien plus abject, et pourtant, bien plus divertissant que les gens ne l’imaginent».

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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